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Attention article publié avant décembre 2005

Le Chili : une forte activité sismique

Le Chili est une région clé pour comprendre et prévenir les risques naturels associés aux zones de subduction. Jean-Pierre Vilotte, directeur du Laboratoire de sismologie à l'Institut de physique du globe de Paris nous explique l'importance des études des phénomènes sismiques au Chili.

Les zones de subduction sont-elles particulièrement exposées ?
Jean-Pierre Vilotte.
Les zones de subduction sont les régions du globe les plus exposées aux risques sismiques et aux tsunamis comme l'a rappelé le séisme de Sumatra du 26 décembre 2004. Le plus grand tremblement de Terre jamais enregistré, le séisme de Valdivia du 22 mai 1960 de magnitude 9,5, a rompu plus de 1 000 km de contact de la zone de subduction Sud Chili. Ce séisme provoqua un tsunami dont les effets destructeurs ont été ressentis dans tout le Pacifique (côtes d'Hawaï et du Japon). Comprendre et prévenir le risque sismique des grandes zones de subduction, Japon, Amérique du Sud, Amérique du Nord et Indonésie, est un enjeu majeur.

Tremblements de Terre en zone de subduction chilienne

© DGF/IPGP/ENS.

Figure gauche : Derniers grands tremblements de Terre historiques le long de la zone de subduction chilienne. Les zones violettes matérialisent les zones de ruptures des grands séismes de subduction. Les événements de 1934 et 1950 sont des événements intraplaques.

Figure droite : Sismicité des 40 dernières années et principales régions d'études.


Pourquoi le Chili ?
J.-P. V.
Situé au-dessus d'une des zones de subduction les plus sismiques du globe (en moyenne un séisme de magnitude 8 tous les 10 ans), le Chili est un laboratoire naturel unique offrant un accès direct sur la zone sismogène. Elle résulte de la convergence rapide, plus de 8 cm/an, de la plaque Nazca, et de sa subduction sous la bordure ouest du continent sud-américain, provoquant une déformation rapide marquée par la formation des Andes.

Séismicité et zone de subduction chilienne

© DGF/IPGP/ENS.

a) section verticale schématique de la zone de subduction avec les différents types de séismes associés.

b) sismicité de la partie Central Chile entre 1996 et 2003, obtenue à partir du catalogue de données du Service Sismologique (Université du Chili, Santiago). La ligne A-A' matérialise la trace en surface de la section verticale présentée en c).

c) section verticale perpendiculaire à la fosse avec la distribution verticale de la sismicité. Le front ouest subandin est matérialisé par la flèche « Front ». Les types de séismes B et C réfèrent à la classification présentée sur le schéma a).


Quels types de séismes observe-t-on au Chili ?

Isobathes de la plaque plongeant sous l'Amérique du sud

© CNRS-Sagascience-GéoManips.

Carte des isobathes du toit de la plaque plongeante du Pacifique pour la zone centrale des Andes.


J.-P. V.
Le risque sismique au Chili est associé à trois types de séismes :
• les séismes de subduction, inter-plaques, au niveau de la zone couplée du contact entre les plaques Nazca et Amérique du Sud, comme Valparaiso (1906, Ms=8,6), Antofagasta (1995, Mw=8,1)) ou Arequipa (2001, Mw=8,4) ;
• les séismes intra-plaques au sein de la plaque Nazca, de profondeurs intermédiaires (80-100 km), directement sous le continent, comme Chilán (1939, Mw=8,3), Punitaqui (1997, Mw=7,3) ou Tarapacá (2005, Mw=7,8) ;
• les séismes de faible profondeur associés à la déformation des Andes, qui menacent la région métropolitaine où vit plus de la moitié de la population du Chili, comme Las Melosas (1958, Ms=6,9) ou Curicó (2004, Mw=6,6).
Presque toutes les villes de la côte ont été touchées par un grand séisme au cours du siècle dernier.

Les tsunamis et le Chili ?
J.-P. V. Le Chili a une longue histoire de tsunamis associée à ces séismes, attestée depuis le XVIe siècle et par d'anciennes légendes indiennes. La prise en compte du risque associé aux tsunamis est critique pour des installations portuaires comme Coquimbo, Valparaiso, Antofagasta, Iquique et Arica. En dehors des tsunamis générés lors des séismes de subduction localisés entre la fosse océanique et la côte, comme Valdivia (1960) ou Arequipa (2001), le risque associé à des séismes superficiels anormalement lents et de moindre magnitude est réel. Leur détection sismologique en temps réel doit être intégrée dans les systèmes d'alerte.


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Contact

Jean-Pierre Vilotte
Département de sismologie
CNRS-IPG Paris-Universités Paris 6, 7 et de La Réunion
Tél. : +33 (0)1 44 27 38 88
Mél : vilotte@ipgp.jussieu.fr

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Département de sismologie

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