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Attention article publié avant décembre 2005

Bam 2003 : un tremblement de terre dévastateur

Le 26 décembre 2003, la terre tremble dans la ville de Bam en Iran. Un séisme d'une magnitude 6,5 sur l'échelle ouverte de Richter frappe cette cité. Il provoque la mort de 35 000 personnes et la destruction quasi totale de la ville. À la suite de cette catastrophe, 25 stations sismologiques sont installées pour étudier les répliques du séisme pendant plusieurs semaines. Denis Hatzfeld, sismologue et chercheur au Laboratoire de géophysique interne et de tectonophysique de Grenoble, revient sur les circonstances de cette tragédie.

Citadelle de Bam détruite

© J. Jackson.

La citadelle de Bam après le tremblement de terre du 26 décembre 2003.


 

Les études ont montré que la faille de Bam était cachée car il n'y a pas eu de rupture importante en surface mais seulement des fissures sur 15-20 km en dessous. Denis Hatzfeld travaille en Iran depuis 1997, il dirige un groupe de 25 chercheurs français sur place, qui étudient tout ce qui a trait aux fonctionnements des failles terrestres et des tremblements de terre qui leur sont associés.

Ce n'est pas un hasard si les sismologues sont en Iran depuis longtemps. La plaque Arabie converge vers la plaque Eurasie à la vitesse de 2,5 cm par an. L'Iran est pris en tenaille et encaisse l'intégralité de la déformation produite. Cette déformation va engendrer des contraintes dans la croûte terrestre, et lorsque ces contraintes ont un certain seuil, il y a rupture et séisme.

Le séisme de Bam a été d'une extrême violence car l'épicentre se trouvait à 3 km en dessous de la ville, ce qui explique en partie la gravité des dégâts. Un des objectifs des études menées par le CNRS est donc de préciser les intensités qui sont une échelle des effets du séisme. Ces intensités permettent d'établir les différents degrés de destruction des habitations. En Iran, où l'habitat n'est pas adapté aux éventuels séismes, et où les secousses sismiques causent la mort en moyenne de 5 000 personnes par an, de nouvelles études sur les normes parasismiques seraient nécessaires.

Interférogramme SAR du séisme de Bam

© CNRS Photothèque - Peyret, Michel.

Interférogramme SAR (Synthetic Aperture Radar) des mouvements co-sismiques du séisme de Bam (Iran) du 26 décembre 2003.


 

La magnitude du tremblement de terre de Bam n'est pas surprenante dans cette région. En revanche, plusieurs facteurs aggravants se sont combinés pour en rendre les conséquences catastrophiques.

L'Iran est une zone géographique particulièrement intéressante pour les chercheurs : « Pour étudier la tectonique continentale, l'Iran est une place idéale. Toutes les failles et les séismes sont en Iran, en plus les frontières politiques de ce pays correspondent aux frontières physiques », souligne Denis Hatzfeld.

Fissures

© J. Jackson.

Fissures observées en surface et provoquées par le séisme de Bam. Le glissement sur la faille en profondeur est d'environ 2 m mais n'a provoqué que des fissures modestes en surface. Mais la localisation de l'épicentre, juste en desous de Bam, a provoqué une accélération très importante, responsable des dégâts.


 

Voir dans ce numéro : « Une mesure pour les mouvements du sol : le réseau accélérométrique permanent ».


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Contact

Denis Hatzfeld
Laboratoire de géophysique interne et de tectonophysique (LGIT)
CNRS-Universités Grenoble 1 et de Chambéry-Laboratoire central des ponts et chaussées-IRD
Tél. : +33 (0)4 76 82 80 64
Mél : denis.hatzfeld@ujf-grenoble.fr

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