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Attention article publié avant décembre 2005

AVANT-PROPOS

Le CNRS à l'heure de l'Europe

Forte de quinze États membres, l'Union européenne se prépare à l'adhésion de dix nouveaux États en 2004. Cette nouvelle étape institutionnelle se présente d'ores et déjà comme le point de rencontre de nombreux défis et les chefs d'État, réunis à Lisbonne en mars 2000, ont pris la mesure du rôle déterminant que l'Europe doit jouer dans l'émergence d'une société de la connaissance. Formation, recherche et innovation seront parmi les principaux piliers d'une Union élargie et participeront pour une grande part à la compétitivité économique de l'Europe.

Dans son projet d'établissement et dans le contrat pluriannuel d'action signé avec l'État, le CNRS a clairement affiché sa volonté de suivre la voie de l'Europe en contribuant à la construction d'un Espace européen de la recherche. à condition que celui-ci intègre la dimension de la recherche fondamentale dans une vision stratégique et prospective, et prenne en compte le continuum des activités de recherche qui mènent des découvertes à leurs applications. D'autant qu'au-delà des outils déjà disponibles – actions bilatérale, multilatérale et 6e PCRDT – et de l'appui indispensable de structures de concertation comme la Fondation européenne de la science (ESF), l'Europe de la recherche ne peut se faire qu'avec l'implication active des communautés scientifiques. Il incombe donc à chacun d'entre nous de donner, en amont de notre réflexion, un éclairage européen à nos actions.

Toutefois, l'Espace européen de la recherche, s'il se construit sur la base d'une adhésion des États et des communautés scientifiques, ne peut se résumer à la somme de ses moyens humains, financiers, structurels et technologiques. La recherche est, en effet, faite d'avancées scientifiques, mais également de stratégies et de prospectives, de modalités de financement et d'évaluation, de mobilité des idées et des hommes, ou encore de débats éthiques. Les acteurs de la recherche en Europe, dont le CNRS, se doivent de confronter toujours davantage leurs pratiques, de partager leurs expériences et d'élaborer ensemble de nouvelles perspectives d'actions communes. Notre organisme dispose pour cela de nombreux atouts : la dimension multi et interdisciplinaire de ses recherches, sa pratique de l'évaluation et de la prospective, et sa place dans le dispositif national de la recherche publique. Sur cette base, il doit pleinement jouer son rôle de force de réflexion, d'impulsion et de proposition dans les débats actuels sur la définition des moyens de structurer l'Europe de la recherche. Sans oublier que cette dimension européenne trouve en partie son origine dans les actions régionales et doit trouver son prolongement dans l'action internationale, notamment dans le soutien aux pays en développement.

Au-delà de l'organisation de la recherche et de la mise en œuvre d'une politique scientifique européenne commune, il importe également de s'interroger sur la science en tant qu'élément constitutif de la culture, en resituant davantage l'Union européenne dans son aire géographique, historique ou culturelle… La recherche a là un rôle déterminant à jouer, et le CNRS est ainsi appelé à exercer sa fonction de recherche et d'expertise sur les grandes évolutions qui traversent nos sociétés : évolutions démographiques, phénomènes migratoires, questions identitaires, protection de l'environnement, santé et protection sociale, emploi, communication, partenariat naissant avec l'« Autre Europe » (Russie, Ukraine, Turquie)… Grâce à son cadre privilégié qui intègre notamment les sciences humaines et sociales, le CNRS dispose des outils nécessaires pour comprendre l'Europe d'hier et d'aujourd'hui et mieux appréhender l'Europe de demain. Ce numéro de CNRS Thema est une invitation à découvrir l'Europe avec le regard du scientifique, véritable citoyen d'une Europe en devenir.

C'est avec cette volonté affichée d'être moteur dans la définition de l'identité scientifique européenne, que le CNRS se propose d'organiser en 2004, année charnière d'une nouvelle étape de la construction européenne, un colloque qui contribuera à faire émerger et connaître la réflexion de notre organisme sur sa place dans l'Espace européen de la recherche.

Fort de la richesse de ses personnels, de la complémentarité de ses partenariats et de la qualité de ses résultats, le CNRS s'inscrit pleinement dans cette communauté de défis et d'idées.

                         Gérard Mégie               Geneviève Berger
                      Président du CNRS       Directrice générale du CNRS

Gérard Mégie, président du CNRS, décédé le 5 juin 2004, à l'âge de 58 ans.

Geneviève Berger, directrice générale d'août 2000 à juillet 2003.


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