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Attention article publié avant décembre 2005

Le tsunami : un tournant dans la vie des Sri-Lankais

Le 26 décembre 2004, un tsunami terrible s'abat sur les côtes sri lankaises. C'est tout un pays qui est sous le choc. Osmund Bopearachchi, directeur de la Mission française de coopération archéologique au Sri Lanka et chercheur au Laboratoire « Archéologies d'Orient et d'Occident » (AOROC), tire un bilan de la catastrophe.

Cette catastrophe prévisible globalement était imprévisible localement. Comme c'était le lendemain de Noël, les catholiques se trouvaient chez eux. Les pêcheurs n'ont pas pris le large, car c'était un dimanche et un Poya, le jour de pleine lune où les Bouddhistes célébraient l'arrivée du Bodhi sacré au Sri Lanka, il y a 2 250 ans. Ils ont tous été surpris par les vagues dévastatrices qui arrachaient tout sur leur passage. La mer bénéfique qui a nourri des milliers de gens les a anéantis en 30 minutes.

Hambantota

© Osmund Bopearachchi.

La ville de Hambantota. 5 000 morts. Photo prise le 29 décembre 2004.


Au Sri Lanka, on a dénombré 38 195 morts, 15 683 blessés. Pour le nord et l'est, on a annoncé 8 000 morts, mais ce chiffre est en réalité beaucoup plus élevé1. 75 000 maisons sont entièrement détruites. Un million de personnes sur une population de 19 millions restent sans abri. Ces gens sont provisoirement logés dans 800 camps de réfugiés. 150 établissements scolaires sont entièrement ou partiellement détruits par les vagues. Les dégâts matériels, considérables, sont estimés à un milliard et demi de dollars.

Les conséquences à long terme de ce désastre seront encore plus terribles : les risques d'épidémies, les dégâts écologiques, le manque d'eau à cause de la salinité de la terre et surtout l'effet psychologique. Que sera l'avenir de dix mille orphelins, dans un pays où il n'y a pas d'infrastructure pour les accueillir ?

Le train maudit

© Osmund Bopearachchi.

Le train maudit emporté par les vagues à Khawa. Les soldats à la recherche des cadavres décomposés. Photo prise le 29 décembre 2004.


On a enterré dans les fosses communes plus de 25 000 cadavres. Personne sur le moment ne pouvait aller les identifier à cause des routes détruites. Dans un pays où la mort est si bien respectée, beaucoup plus que la naissance, on n'aurait jamais imaginé qu'on puisse arriver à une telle humiliation.

En juin 2005, six mois après ce désastre, la reconstruction des zones sinistrées demeurait encore au point mort. Très peu de maisons ont été bâties en dur. Les sinistrés restent encore sous les tentes qui leurs ont été données par les O.N.G. La peur règne dans cette population. En dépit des manifestations quotidiennes, ces abris provisoires deviennent leurs résidences permanentes.


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Contact

Osmund Bopearachchi
Laboratoire « Archéologies d'Orient et d'Occident » (AOROC)
CNRS-ENS
Tél. : +33 (0)1 44 32 37 82
Mél : Osmund.Bopearachchi@ens.fr

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