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Attention article publié avant décembre 2005

Les cafés ou le troisième lieu

Étudier la pratique du café, c'est à travers un lieu de rencontre des plus codés par sa position entre vie publique et vie privée, s'attacher à l'espace et aux rythmes de la ville. Cette vieille institution urbaine, à Paris, connaît depuis deux décennies un renouvellement qui s'est accéléré aux cours des dernières années. Enquête de Monique Eleb (Unité « Architecture, urbanisme sociétés ») et de Jean-Charles Depaule (Laboratoire d'anthropologie urbaine)1.

Les fonctions du café, son décor, son mobilier (avec l'introduction de l'idée de « lounge »), le style du service et ce qu'on y consomme se redéfinissent depuis une vingtaine d'années, ainsi que sa place dans la topographie et les rythmes urbains. Ce renouvellement participe des recompositions affectant l'emploi du temps et de l'espace des habitants de la capitale et de sa région, pour qui aujourd'hui le café apparaît souvent comme un « troisième lieu ». Il est pour une part le résultat d'initiatives d'entrepreneurs, héritiers ou non des dynasties « auvergnates » ou kabyles traditionnelles, face à la désaffection d'une clientèle jeune. Dans les « nouveaux » cafés parisiens, même si est toujours invoquée l'image mythique du « vrai bistrot », se lit l'influence, réinterprétée, de modèles venus d'ailleurs, en particulier celui du café « maison » ou « appartement ».

Entre extérieur et intérieur, entre vie publique et vie privée, entre espace fermé et espace ouvert, entre loisir quotidien et moments exceptionnels qui font événement, le café est un lieu de rencontre et de passage. Objet de recherche, il est une scène significative, à la fois lieu constitué et récit : sa fréquentation est l'un des modes de construction du rapport des citadins à leur ville.

Les deux chercheurs, qui ont par ailleurs mené une enquête sur Los Angeles (M. Eleb) et Le Caire (J.-C. Depaule), ont croisé références littéraires et scientifiques, entretiens et observations de terrain. Ils se sont non seulement attachés à des situations saillantes, comme le « phénomène Oberkampf » ou la vogue du canal Saint-Martin, et à des établissements remarquables, mais à des cafés plus banals, petits ou grands, plus liés à la  « vie coutumière », cafés de quartier, cafés du coin, cafés de gare, intra et extra-muros. Ils ont combiné l'analyse de territoires constitués par plusieurs établissements et l'étude de cas envisagés isolément.


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Contact

Monique Eleb
Équipe « Architecture, culture, société sociétés »
Unité « Architecture, urbanisme, sociétés » (AUS)
CNRS-Ministère de la culture-Universités Paris 8 et 10 et de Marne-la-Vallée
Mél : monique.eleb@wanadoo.fr

Jean-Charles Depaule
Laboratoire d'anthropologie urbaine (LAU)
CNRS
Mél : depaule@ivry.cnrs.fr

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LAU

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