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Attention article publié avant décembre 2005

Les Halles ou les apories de l'urbanisme parisien : le concours 2004

Le réaménagement en question

Vingt ans après la rénovation des Halles, le centre commercial souterrain doit être modernisé ; la gare RER, surchargée (un million de voyageurs/jour), pose des problèmes de sécurité ; le vieillissement précoce de tout le « bric à brac » architectural et paysager en surface exige une requalification totale du quartier. Albert Levy, architecte-urbaniste, chercheur au Laboratoire « Théorie des mutations urbaines », donne son point de vue sur le concours 2004.

Quelles étapes ont mené à choisir le projet ?
Albert Levy.
En mars 2001, après l'arrivée de la gauche à la Mairie, la Ville a demandé à la SEM Paris-Centre1 de se pencher sur l'avenir des Halles. Celle-ci organise une consultation d'architectes sous forme d'un marché de définition (concours d'idées). Sur 32 candidats, 4 sont sélectionnés pour un second tour en 2003 : deux Français (Jean Nouvel et David Mangin) et deux Hollandais (Rem Koolhass et Winy Maas). En avril 2004, les résultats sont exposés au public, et on demande aux visiteurs, en guise de concertation, de voter pour l'un des quatre projets.

Le débat fait rage : des pétitions sont lancées, des associations d'habitants soutiennent tel ou tel projet, des tables rondes sont organisées, le débat est relayé par la presse. Devant tant de confusion, et face à la critique d'une procédure d'urbanisme mal engagée, le maire demande des précisions supplémentaires aux candidats et repousse sa décision à décembre 2004.

Finalement, Bertrand Delanoë opte pour le projet de Mangin, mais en lui ôtant tout son contenu, car tout est à refaire : un futur concours pour le jardin et un autre pour la grande toiture plate qui recouvre le trou sont envisagés.

Que pensez-vous des projets en lice ?
A. L.
Certains projets sont proches du parc d'attractions, les propositions sont toutes caractérisées par une « surdensification » du quartier, une absence de rapport au tissu environnant, et surtout une non prise en compte de l'histoire du lieu et de sa mémoire effacée. Quant au projet gagnant, son jardin au dessin rudimentaire manque de caractère, sa toiture, grande comme la place des Vosges, est hors d'échelle par rapport au site : ce grand volume bas, plat, carré, a des allures d'hypermarché de banlieue.

Quelle(s) solution(s) proposeriez-vous ?
A. L. L'avenir économique et stratégique de Paris au sein de la métropole francilienne ne peut pas être confié qu'à des architectes, mais aussi à des équipes pluridisciplinaires. Le travail de diagnostic et de programmation relève de la responsabilité des élus et de la compétence de leurs services à qui incombe la décision de fixer le destin de leur territoire, de définir les options d'aménagement en prenant en compte la complexité du lieu2. Avec la transformation en cours des modalités de production du projet urbain, du système d'acteurs, l'ancien mode hiérarchique, autoritaire, linéaire, est dépassé.

Nous avons affaire aujourd'hui à un urbanisme concourant et flexible où la production de la forme urbaine est négociée et partagée : c'est cette démarche - qui doit prendre en compte les préoccupations environnementales (durabilité), la concertation et la mémoire du lieu - qui aurait dû être appliquée au renouvellement des Halles, pour éviter à ce quartier un nouveau fiasco urbanistique. Personnellement, je penche pour un véritable « jardin mémoire » (à l'exemple de celui de Bercy), car le centre ville suréquipé a besoin surtout d'un espace de respiration.


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Contact

Albert Levy
Laboratoire « Théorie des mutations urbaines »
CNRS-Universités Paris 8 et 10, de Marne la Vallée-Ministère de la culture et la communication
Tél. : +33 (0)1 64 68 49 60
Mél : albert.levy@univ-paris8.fr

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Laboratoire « Théorie des mutations urbaines »

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Projet de réaménagement du quartier des Halles

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