Moteur de recherche

 

Espace presseThema

Attention article publié avant décembre 2005

La biodiversité urbaine : un enjeu pour Paris

Paris, ville apparemment si minérale, présente pourtant toute une gradation entre les milieux naturels, comme les bois, la Seine, et les milieux artificiels, tels que les murs et les pavés. Il en résulte des habitats plus ou moins favorables à la biodiversité. Explications de Jacques Moret, professeur au Muséum national d'histoire naturelle.

L'histoire de la biodiversité à Paris : l'exemple des mammifères
Sur les cinquante espèces de mammifères connues au XVIIIe siècle, vingt et une seulement subsistent aujourd'hui. On trouvait alors, à Paris, le loup, le castor, et dans la Seine, le marsouin. En outre, depuis le Moyen-Âge des animaux ont été introduits : le lapin, le rat surmulot et le rat noir. C'est entre 1850 et 1950 que s'effectue la chute la plus importante de la biodiversité avec une disparition de 50 % des espèces. Trois causes : les dérangements, les destructions organisées et les aménagements de Paris. Au XXe siècle, on  assiste à d'autres disparitions comme le blaireau, le rat des moissons, le sanglier, le chevreuil.

canal de l'Ourcq et cour carrée du Louvre

© S. Lesné (MNHN-CBNBP).

Deux milieux extrêmes à Paris : un milieu quasiment naturel (bords du canal de l'Ourcq dans le XIXe arrondissement) et un milieu quasiment minéral (la cour carrée du Louvre, où pourtant on décèle quelques espèces entre les pavés).


L'évolution de la ville
La transformation de l'habitat est le facteur qui a le plus d'incidence sur la biodiversité. L'augmentation des espaces verts, facteur favorable, conduit par exemple à une augmentation des populations du pigeon ramier. Cette espèce y trouve des conditions propices à son alimentation. En revanche, la transformation de l'architecture, avec les constructions modernes, plus lisses et avec moins d'aspérités que celles du XIXe siècle, défavorisent les oiseaux qui édifient des nids.

En conclusion…
« Paris est riche en biodiversité, c'est une bonne nouvelle ! Mais comme partout, cette biodiversité est en déclin », déclare Jacques Moret. À l'échelle de Paris, où les enjeux liés à l'aménagement de l'espace sont immenses, les mesures réglementaires ne suffisent pas à protéger les espèces. La préservation de la biodiversité doit passer par des programmes négociés avec les aménageurs, et en premier lieu avec la mairie de Paris. Cette préservation ne sera réussie que si tous les Parisiens : adultes et enfants, citoyens et élus, entreprises et particuliers… partagent et s'approprient ce concept. Beau défi pour le troisième millénaire !


Haut de page

Sommaire

Contact

Jacques Moret
Unité « Inventaire et suivi de la biodiversité »
CNRS-MNHN-Ministère de l'écologie et du développement durable
Tél. : +33 (0)1 40 79 35 54
Mél : moret@mnhn.fr

Consulter le site web
Inventaire national du patrimoine naturel

Consulter le site web
Conservatoire botanique national du Bassin parisien

Retour à l'accueilContactcreditsCom'PratiqueAccessibilité : aide