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Attention article publié avant décembre 2005

Les ventres de Paris

Guy Chemla, géographe au Laboratoire « Espace et culture », étudie l'évolution de la distribution et de l'approvisionnement alimentaires dans Paris. Il a notamment étudié la création du marché d'intérêt national de Rungis et le retour des consommateurs vers le commerce de proximité.

Aujourd'hui, la plupart des commerçants et des restaurateurs de la capitale s'approvisionnent, directement ou indirectement, sur le marché d'intérêt national (MIN) de Rungis. Mais, jusque dans les années 1960, ils ne faisaient pas leurs courses en banlieue. À l'origine, le principal marché de Paris était situé sur l'île de la Cité, puis sur la Place de Grève. Après un cours épisode hors de la ville, au XIIe siècle, il a retrouvé sa place centrale en 1190. Et il l'a conservée sous Napoléon III, avec la construction, en 1853, du marché des Halles par Victor Baltard, sous la direction du préfet Haussmann. C'est à la même époque, en 1867, que furent modernisés les abattoirs et le marché aux bestiaux de la Villette.

Toutefois, la présence des Halles Centrales, qui débordaient des pavillons Baltard pour envahir les chaussées et les trottoirs du cœur de la capitale, – tout comme celle d'un marché aux bestiaux et des abattoirs – n'était plus acceptable dans une ville que l'on voulait moderne. Cela posait des problèmes esthétiques, mais aussi des embouteillages et de la pollution. En 1969-1970, les deux marchés parisiens ont donc été transférés sur le MIN de Rungis, plus vaste et plus fonctionnel. En effet, depuis sa création, c'est le plus grand marché de produits frais au monde. Et ses 220 hectares sont organisés par secteurs, avec des pavillons spécialisés pour chaque type de produits.

Parallèlement, du côté des consommateurs, la grande distribution s'est considérablement développée. Les hypermarchés, absents de la capitale, l'ont encerclée en se multipliant en bordure du périphérique. Les supermarchés et les hard discounters sont venus concurrencer les petits commerçants. Progressivement, les Parisiens ont changé leur façon de faire les courses. De par le choix et les prix proposés, ils préfèrent faire la majeure partie de leurs achats en grande surface. Cependant, pour certains produits – le vin, les fruits et les légumes notamment –, ils continuent de s'adresser majoritairement aux petits commerçants et aux marchés de quartiers. Le commerce de proximité représente, en effet, pour beaucoup, une meilleure qualité des produits. Son accueil plus humain et ses conseils personnalisés répondent mieux aux attentes de la génération, vieillissante et relativement aisée, du baby-boom. Ce serait même « la formule de commerce de l'avenir », à en croire le Premier ministre du moment, Jean-Pierre Raffarin, qui a lancé, le 18 février 2005, le Plan d'action du commerce de proximité pour le soutenir.


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à lire

Géographie de l'alimentation à Paris. Guy Chemla. In Paris. Université de tous les savoirs, vol. 13, collection Odile Jacob, pp. 123-173. Mai 2004.

Identité et enjeux de l'agglomération centrale parisienne. Guy Chemla, Éd. Mairie de Paris, 2004.

Les ventres de Paris. Les Halles, la Villette et Rungis. L'histoire du plus grand marché du monde. Guy Chemla, Glénat, 1994.

Contact

Guy Chemla
Laboratoire « Espace et culture »
CNRS-Université Paris 4
Tél. : +33 (0)1 44 32 14 36
Mél : guy.chemla@paris4.sorbonne.fr

Consulter le site web
Laboratoire « Espace et culture »

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