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Attention article publié avant décembre 2005

Paris fait quartier libre

L'équilibre entre grandes artères et vies de quartiers est un mélange typiquement parisien, explique Denise Pumain, membre de l'Unité « Géographie-Cités ». Un modèle quasi unique à l'échelle européenne, qui poursuit son évolution.

Qu'est-ce qu'un « quartier » ?
Denise Pumain.
Il y a plusieurs façons de définir un quartier. On peut utiliser des critères qui traduisent une certaine homogénéité, en termes de population résidente, ou des activités principales (commerciale, industrielle, monumentale). Les limites sont rarement nettes, on passe d'un quartier à l'autre en notant des changements progressifs dans la morphologie du bâti ou de la population. Parfois, on a une vraie discontinuité qui sépare les quartiers (une voie de chemin de fer, une zone industrielle).

Une autre définition du quartier se façonne à partir des représentations que s'en font les habitants. Ces représentations guident des pratiques : les lieux fréquentés, les habitudes. Le quartier peut alors aussi se définir par un sentiment d'appartenance.

Si tant est qu'il soit possible de découper Paris en quartiers, ce découpage varie selon les critères choisis. Dans le passé, on notait une relation très forte entre une province et des populations ayant migré à Paris : les Bretons à Montparnasse ou aujourd'hui les Maghrébins à la Goutte d'or, Belleville, Barbès...

Peut-on comparer Paris et ses quartiers à d'autres villes européennes ?
D. P.
Paris, si on lui intègre aussi ses banlieues, est une très grande ville pour l'Europe. Du point de vue de la diversité des quartiers, on ne pourrait la comparer qu'à Londres. Sur le plan morphologique, Paris est plus homogène dans son bâti, notamment avec le travail d'Haussmann. Comme à Londres, les quartiers se distinguent d'abord en fonction du statut social (quartier pauvre/riche) ou du type de fonction (commerçant/résidentiel). Mais le marquage en fonction de l'origine ethnique est moins systématique qu'à Londres. Du fait de sa longue histoire, Paris a aussi une richesse monumentale unique, à l'exception peut-être de Rome. Si on la compare à Berlin, on remarque une plus grande diversité morphologique parce que Paris garde des traces d'organisation plus anciennes dans son plan, ses rues, ses immeubles.

Comment voyez-vous l'avenir des quartiers de Paris ?
D. P.
La gentrification (l'embourgeoisement) va continuer et se déplacer dans l'espace. Certains quartiers anciennement vétustes, comme celui autour de la gare de Lyon, du canal Saint-Martin, de la Villette, ont déjà été réhabilités. D'autres sont encore en transition comme dans le 18e ou le 20e arrondissement. Cette transition se traduit par un effet de mode, une représentation de quartier plus ou moins « branché » accompagnant une forte montée des prix et un changement de composition de la population (voir la rue Oberkampf). Ce processus existe également à la périphérie, à Montreuil par exemple.

 


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Contact

Denise Pumain
Unité « Géographie-Cités »
CNRS-Universités Paris 1 et 7-ENS Lettres
Tél. : +33 (0)1 40 46 40 00
Mél : pumain@parisgeo.cnrs.fr

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Unité « Géographie-Cités »

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