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Attention article publié avant décembre 2005

Paris sur grand écran

Rarement une ville aura attiré autant le regard des cinéastes. Paris, est certainement avec New York, la star incontestée du grand écran. Travelling avant de Thierry Paquot, philosophe, éditeur de la revue Urbanisme et membre du Laboratoire des organisations urbaines : espaces sociétés, temporalités.

À bout de souffle

© Raymond Cauchetier. Paris.

À bout de souffle.


Chaque piéton en a fait l'expérience au moins une fois, il est persuadé d'avoir croisé Jean Seberg sur les Champs Élysées (À bout de souffle, Jean-Luc Godard, 1959) ou Corinne Marchand au parc Montsouris (Cléo de 5 à 7, Agnès Varda, 1962). Tout comme il reconnaît la station Barbès (Les Portes de la nuit, Marcel Carné, 1946) ou le canal Saint-Martin (Hôtel du Nord, Marcel Carné, 1938), peu importe que ces décors aient été réalisés en studio…

Le cinéma est l'art du rêve et le citadin cultive le mélange des genres. Sa géographie de la capitale se mêle aisément aux lieux de tournage et il apprécie les sites de ses déambulations à l'aune des répliques, des cascades, des poursuites ou des attentes des personnages.

La Place Blanche se lève avec Jean-Pierre Melville et Pigalle se couche avec Karim Dridi. À chaque quartier sa référence cinématographique : la Bastille c'est Chacun cherche son chat (Cédric Klapisch, 1996) ; le Paris des affaires, Place Vendôme (Nicole Garcia, 1998) ; les quartiers populaires, Black mic-mac (Thomas Gilou, 1985), Tchao Pantin (Claude Berri, 1983), Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet, 2001) ; Saint-Sulpice, La discrète (Christian Vincent, 1990)… Sans oublier le métro (Subway, Luc Besson, 1985 ; Louise Take-2, Siegfried, 1998), les sans domicile fixe (Une époque formidable, Gérard Jugnot, 1991 ; La crise, Coline Serreau, 1992, Paria, Nicolas Klotz, 2000) ou les banlieusards « déplacés » (La haine, Mathieu Kassovitz, 1995).

Depuis une vingtaine d'années, la banlieue au cinéma fait corps avec Paris, la capitale n'est plus une île délimitée par le périphérique et ses marées d'automobiles et les banlieues ne sont plus coupées du monde. Les territoires s'interpénètrent comme les personnages circulent. Ce grand Paris propose de nouvelles images et alimente un autre imaginaire (L'Ami de mon amie, Éric Rohmer, 1987 ; Hexagone, Malik Chibane, 1992 ; La squale, Fabrice Genestal, 2000 ; Jeunesse dorée, Zaïda Ghorab-Volta, 2002).

Paris tourne en permanence dans les films que chacun s'invente, la ville se dédouble et entremêle l'image à la magie (l'une étant l'anagramme de l'autre) pour le plus grand plaisir du citadin, toujours prêt à devenir le spectateur/acteur de son destin…

Le Forum des Images (Porte Saint-Eustache aux Halles de Paris) possède plus de 6 700 films sur la capitale et ses banlieues proches.
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à lire

• La revue Urbanisme a consacré un dossier à « La ville au cinéma », n° 328, janvier/février 2003.

Capitale-fiction. Un nouvel imaginaire parisien ? Thierry Paquot, Prétentaine, 2004, n°16-17, Presses Universitaires de Montpellier.

L'Encyclopédie la ville au cinéma. Sous la direction de Thierry Paquot et Thierry Jousse, Éditions de l'Étoile/Les Cahiers du cinéma (à paraître en octobre 2005).

Contact

Thierry Paquot
Laboratoire des organisations urbaines : espaces sociétés, temporalités (LOUEST)
CNRS-Universités Paris 10 et 12-Écoles d'architecture de Paris et de Clermont-Ferrand
Tél. : +33 (0)1 45 45 45 00
Mél : th.paquot@wanadoo.fr

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