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Attention article publié avant décembre 2005

Les périurbains de Paris. De la ville dense à la métropole éclatée ?

La capitale n'est plus cette concentration d'emplois et de résidences qu'elle a pu être il y a une trentaine d'années. Les causes et les conséquences, par Martine Berger, membre du Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS).

En un quart de siècle, la capitale est devenue un véritable « système métropolitain » de plus de 10 millions d'habitants et de près de 5 millions d'emplois et logements. Remisée donc, la traditionnelle opposition entre espaces urbains denses et espaces ruraux de faible densité. Entre les deux existe désormais un « tiers espace », nourri d'échanges tant avec la ville qu'avec les campagnes : l'espace périurbain.

Comment, au moment où les villes nouvelles et les grands ensembles sortaient de terre, est-on passé de l'agglomération à la région métropolitaine ? Il faut voir dans le désir des ménages d'accéder à la propriété et à la maison individuelle la principale source du renversement du modèle urbain. Dans un contexte qui leur était favorable, ceux-là même qui ont été élevés dans des logements exigus ou dans l'anonymat des immeubles collectifs ont aspiré à disposer de plus d'espace.

Autre facteur de « métropolisation » de la capitale : un marché du travail de plus en plus sélectif. Les qualifications et les revenus s'élèvent, la part des cadres se renforce. Et celle des couches moyennes salariées. Le développement des périphéries urbaines va également de pair avec l'effondrement numérique et la crise identitaire d'une classe ouvrière très qualifiée, à la recherche de nouvelles pratiques distinctives. En définitive, même si l'univers des choix résidentiels reste plus ouvert ici qu'ailleurs, les inégalités d'accès à la ville demeurent fortes.

Production de nouvelles zones de résidence et d'activités, transformations radicales des quartiers d'où sont partis les Franciliens : la périurbanisation d'une partie des couches moyennes, voire modestes, n'est pas sans effet sur la « ghettoïsation » des grands ensembles d'habitat social, ainsi que sur l'accélération de la « gentrification » (diffusion des classes supérieures hors des beaux quartiers) de la capitale et de certaines communes de banlieue. Le processus apparaît même comme l'un de ceux ayant le plus fortement contribué à l'accroissement des inégalités, si ce n'est des ségrégations, en Île-de-France.

Le départ des familles vers la « grande couronne » a privé de nombreuses agglomérations de leurs éléments les plus jeunes, les plus actifs, les plus porteurs d'ascension sociale intergénérationnelle. Par ailleurs, des citadins mobiles dans leur vie quotidienne semblent plus que jamais attachés à l'homogénéité sociale de leur lieu de résidence et tendent de plus en plus à constituer des communautés de pairs sur le modèle anglo-saxon. De la ville dense à la métropole éclatée, les périurbains de Paris ?


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Les périurbains de Paris. Martine Berger, CNRS ÉDITIONS, 2004.

Contact

Martine Berger
Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS)
Tél. : +33 (0)1 44 32 14 15
Mél : berger@univ-paris1.fr

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