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Attention article publié avant décembre 2005

Pour une dignité retrouvée

L'enquête dirigée par Marie-Élisabeth Handman et Janine Mossuz-Lavau a fourni un matériau ethnographique dense : modifications géographiques et batailles riveraines, tentatives de mobilisation, violences au quotidien, ruses et tactiques de survie sociale, motivations des clients, précarité des personnes étrangères victimes de réseaux de proxénétisme, travail des associations...

Ne plus vivre aux frontières de la légalité
La loi française ne reconnaît pas la prostitution comme un métier. Ses revenus ne sont donc pas toujours déclarés. Pour autant, le fisc poursuit les prostituées si elles déposent de l'argent à la banque, car ces sommes, en liquide, sont soupçonnées de faire partie de circuits de blanchiment d'argent. Ces femmes, sans compte en banque ni assurances privées, restent sans aucune couverture sociale ni caisse de retraite, sauf si elles ont la possibilité d'exercer un autre métier à côté ou de toucher le Revenu minimum d'insertion (RMI), ce qui n'est le cas que pour les plus démunies d'entre elles. Il leur est de même très difficile d'accéder à un logement car elles n'ont pas les fiches de salaire exigées par les vendeurs ou les bailleurs.

Quelques préconisations
Suite à l'enquête, l'équipe a proposé une série de mesures immédiatement applicables par les municipalités ou relevant de l'État :
la création d'instances de médiation entre riverains, policiers, représentants municipaux et prostitué(e)s dans les quartiers à problèmes ;
l'édition de brochures multilingues de prévention et d'aide juridique et sociale ;
l'instauration de cours de français gratuits dispensés via des organismes de prévention ;
l'affectation de juristes de rue pour informer les femmes étrangères sur leurs droits ;
la mise à disposition de logements sécurisés pour les femmes dénonçant leur proxénète ou parvenant à s'enfuir ;
la prise de contact avec d'autres municipalités françaises ou étrangères ;
la mise en place d'une politique d'éducation sexuelle sur le fonctionnement physiologique des organes, le respect de l'autre sexe, les orientations sexuelles, les rapports entre sentiment, désir, sexualité…
la formation des policiers (depuis octobre 2003, de jeunes policiers « zélés » ont été affectés à la surveillance et à l'interpellation des prostitué(e)s) ;
la reconnaissance aux prostitué(e)s des droits sociaux (couverture des soins médicaux, assurances, retraite).


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Contact

Marie-Élisabeth Handman
Laboratoire d'anthropologie sociale (LAS)
Collège de France-CNRS-EHESS
Tél. : +33 (0)1 44 27 17 53
Mél : handman@ehess.fr

Consulter le site web
LAS

Janine Mossuz-Lavau
Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF)
CNRS-FNSP
Tél. : +33 (0)1 45 49 53 28
Mél : janine.mossuzlavau@sciences-po.fr

Consulter le site web
CEVIPOF

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