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Sur les trottoirs de Paris

Selon les services de police, entre 15 000 et 18 000 personnes vivraient en France du commerce de la prostitution. Une enquête sur l'état de la prostitution dans la capitale a été menée, à la demande de la Mairie de Paris, entre 2002 et 2004, par une équipe d'anthropologues et de sociologues auprès de prostitué(e)s et de leurs client(e)s. L'analyse de Marie-Élisabeth Handman, anthropologue au Laboratoire d'anthropologie sociale (LAS), et de Janine Mossuz-Lavau, politologue au Centre de recherches politiques de Science Po (CEVIPOF).

Quels sont les visages de la prostitution parisienne ?
Difficile de définir le profil type d'un(e) prostitué(e). Hommes, femmes, travestis, transsexuelles opérées ou non, hommes se prostituant auprès d'hommes ou de femmes, femmes se prostituant auprès de femmes ou d'hommes... Il y a les prostituées de luxe et les autres. Albanaises, européennes de l'Est, roumaines, africaines, chinoises, sud-américaines, la diversité des origines continentales et culturelles dessine des micro-géographies liées à la langue.

Qui sont les clients ?
Ils appartiennent à tous les milieux sociaux, toutes les catégories socioprofessionnelles et sont de tous âges. Certains sont célibataires, d'autres mariés avec ou sans enfants, ou vivent en concubinage, d'autres encore sont divorcés ou veufs. Ce sont des hommes, des femmes, des hétéro-, des bi- ou des homosexuels... Ils sont occasionnels ou réguliers. D'aucuns recherchent de la tendresse plutôt qu'un acte sexuel proprement dit. Rares sont ceux qui demandent des pratiques perverses, mais chaque prostitué(e) a pu en avoir l'expérience et rencontrer des clients violents.

Où sont les lieux de prostitution à Paris ?
Le choix du lieu est évidemment important : ce n'est pas la même chose de se prostituer dans la rue ou en studio, dans un bar ou par le biais d'Internet… Historiquement, la prostitution se répartit entre les lieux centraux anciens (quartiers de gares, proximité de monuments, Madeleine ou Arc de Triomphe, Pigalle, rue Saint-Denis) et les portes de Paris. Une « invitation » à un tourisme sexuel teinté de voyeurisme. Les bois de Boulogne et de Vincennes, mais aussi la ceinture de Paris (les boulevards des Maréchaux) étaient des hauts lieux de prostitution jusqu'à la mise en œuvre de la loi pour la Sécurité intérieure.

Quelles ont été les conséquences de la loi « Sarkozy » ?
Les lieux s'organisent au gré des pressions des riverains et de la police. Depuis l'application de la loi du 18 mars 2003, 40 % des prostitué(e)s auraient disparu de Paris. Ces chiffres du ministère de l'Intérieur sont difficiles à vérifier, car si ils ou elles ne sont plus sur les boulevards, ils ou elles se cachent, exercent à domicile, offrent leurs services sur Internet ou dans les bois éloignés jusqu'à 100 km de la capitale. Les horaires et les lieux des pratiques se sont « déplacés », rendant leurs acteurs plus vulnérables à la violence et aux exigences des clients…


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à lire

La prostitution à Paris. Éd. de La Martinière, 2005. Sous la direction de Marie-Élisabeth Handman et Janine Mossuz-Lavau.

Contact

Marie-Élisabeth Handman
Laboratoire d'anthropologie sociale
Collège de France-CNRS-EHESS
Tél. : +33 (0)1 44 27 17 53
Mél : handman@ehess.fr

Consulter le site web : LAS

Janine Mossuz-Lavau
Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF)
CNRS-FNSP
Tél. : +33 (0)1 45 49 53 28
Mél : janine.mossuzlavau@sciences-po.fr

Consulter le site web : CEVIPOF

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