Moteur de recherche

 

Espace presseThema

Attention article publié avant décembre 2005

Atmosphère, atmosph…air

La pollution en Île-de-France : quelles tendances ?

Depuis plusieurs décennies, la qualité de l'air urbain préoccupe les citoyens. Les premières mesures de réduction des émissions polluantes par le soufre datent du milieu du XXe siècle. Depuis, des organismes de surveillance ont vu le jour, et l'on connaît aujourd'hui de mieux en mieux le contenu chimique de l'atmosphère. Qu'en est-il en région parisienne ? Explications de Robert Vautard, physicien de l'atmosphère au Laboratoire de météorologie dynamique (LMD).

Dioxyde de soufre, oxydes d'azote, ozone, poussières… la pollution atmosphérique est composée de particules chimiques et de produits plus ou moins concentrés ou dangereux pour la santé. En Île-de-France, l'amélioration de la qualité de l'air a été remarquable en ce qui concerne le dioxyde de soufre, d'origine typiquement industrielle, avec des concentrations 10 à 20 fois inférieures à celles observées au milieu du XXe siècle. L'installation de pots catalytiques sur les véhicules, dans les années 1990, a également permis une baisse significative des concentrations d'oxydes d'azote. Avec le renouvellement progressif du parc automobile, cette baisse va se poursuivre, mais les émissions liées au trafic n'occupent que la moitié de l'ensemble des émissions pour ces polluants. Des mesures de réductions d'émissions dans d'autres secteurs d'activités devront être prises pour améliorer encore la situation.

Deux autres polluants, dont la nocivité est démontrée, ne suivent pas cette tendance : l'ozone et les particules fines (diamètre inférieur à 1 micron). Pour ces deux substances, l'atmosphère francilienne est soumise à la superposition d'une pollution due aux émissions dans la région et d'une pollution de fond provenant de l'ensemble du continent européen, voire d'autres continents. Pour les particules fines, la contribution externe à l'Île-de-France dépasse 50 %.

Surface d'ozone

© Vautard R. et al., 2005, Atmospheric Environment.

Champ d'ozone simulé par le modèle CHIMERE pour un jour de la vague de chaleur d'août 2003. Les cercles noirs représentent les stations ayant observé des valeurs supérieures à 180 µg/m3, les cercles blancs des valeurs inférieures.


Pour l'ozone, c'est également le cas. Par exemple, l'épisode de pollution associé à la vague de chaleur meurtrière d'août 2003 était dû à la stagnation des masses d'air sur l'Europe toute entière, comme le montre la figure ci-contre, issue d'une simulation du modèle numérique CHIMERE développé conjointement par le CNRS et l'INERIS1.
Dans ces cas épisodiques, il est illusoire de penser réduire fortement la pollution en réduisant uniquement les émissions en Île-de-France, mais la prévention reste un moyen d'action efficace, rendu possible grâce au nouveau système de prévision de la qualité de l'air en France et en Europe, PREV'AIR développé par le CNRS, l'INERIS, l'ADEME2 et MÉTÉO-France et au système de plus haute résolution implanté à AIRPARIF. Ce même modèle a montré que les baisses d'émissions attendues sur l'ensemble de l'Europe pour 2010 devraient réduire fortement le nombre d'heures de dépassement du « seuil d'information au public3 » (180 µg/m3) s'il se reproduisait.

À l'échelle des deux décennies à venir, les concentrations d'ozone devraient subir deux effets contradictoires : l'augmentation des niveaux de fond par l'accroissement mondial des émissions et la baisse des niveaux de pointe par réduction des émissions en Europe et donc en Île-de-France. À plus long terme, le changement du climat lui-même devrait affecter la composition de l'atmosphère mais aujourd'hui rien ne permet d'avoir une vision très précise de l'impact de ce changement.


Haut de page

Sommaire

Contact

Robert Vautard
Laboratoire de météorologie dynamique (LMD)
CNRS-ENS-École polytechnique-Université Paris 6
Tél. : +33 (0)1 69 33 45 42
Mél : Robert.Vautard@lmd.polytechnique.fr

Consulter le site web
LMD

Retour à l'accueilContactcreditsCom'PratiqueAccessibilité : aide