Moteur de recherche

 

Espace presseThema

Attention article publié avant décembre 2005

Le front bleu de Paris

Du Paris productif à Paris-Plage

Comme dans la plupart des villes européennes (Londres, Rome, Bordeaux, Lyon) à la fin du XXe siècle, les aménageurs ont, à Paris, réintégré le fleuve dans le renouvellement urbain et redécouvert son front d'eau, son « front bleu ». Un récit historique de Martine Tabeaud, géographe au Centre de biogéographie écologie.

Les berges de la Seine : un lieu central d'un Paris productif
Jusqu'au XIXe siècle, l'artère fluviale sert à l'approvisionnement de la ville. Elle appartient à un système productif avec ses entrepôts, ses industries de transformation (Les grands Moulins de Paris), ses usines jamais très éloignées dans la vallée (Renault, Citroën, Panhard et Levassor) et ses ouvriers. La généralisation des transports lourds par chemin de fer à la fin du XIXe siècle va consommer la rupture entre la ville et son fleuve. Une piqûre de rappel aura lieu en 1910 avec la crue centennale qui noie la ville basse sous 8,62 mètres d'eau.

Le front de Seine : le symbole d'un Paris culturel…

front de Seine

© Martine Tabeaud.

Vue de la Seine, port et ZAC rive gauche, depuis le parc de Bercy.


Dans le dernier quart du XXe siècle, Paris devient une ville plus riche et plus âgée. Après la mort en 1974 de Georges Pompidou qui voulait adapter la ville à la voiture en utilisant les quais comme voies rapides et le retour en 1977 d'un maire à Paris, la politique de la ville change. Le devoir de patrimonialisation des lieux fondateurs conduit la mairie en 1994 à faire classer au patrimoine de l'Unesco les rives de la Seine, entre l'île Saint-Louis et la Tour Eiffel. C'est le Paris monumental, du Moyen Âge à l'exposition universelle, qui est ainsi reconnu.
En même temps commence la rénovation des espaces abandonnés par l'industrie. Un nouveau Paris branché va s'installer dans la ZAC Tolbiac Masséna, autour de la Grande Bibliothèque. Comme le long du Paris « historique », tout est conçu pour être vu de l'eau, depuis les bâteaux-mouche à touristes, les bâteaux-bus réactivés ou les péniches reconverties en logements, cafés, salles de spectacles.

… le décor d'un Paris festif

Paris plage

© Marie Cervoni.

Paris-Plage 2004, 3e édition.


Pour ancrer ces rives réaménagées dans le vécu parisien, la municipalité a lancé avec le XXIe siècle l'opération « Paris-Plage ». Trois kilomètres de sable, de transats, de palmiers recouvrent désormais les quais bas en été. Le haut lieu touristique des bords de Seine descend pendant quelques semaines des quais hauts et leurs célèbres bouquinistes vers ce nouveau terrain de jeu. Mais, ce retour au fleuve ne consacre pas encore un retour à la nature pour les Parisiens. À défaut de pouvoir se baigner dans la Seine comme l'avait promis Jacques Chirac lorsqu'il était encore maire de Paris, les baigneurs, souvent des touristes, doivent pour l'instant se contenter d'une piscine ou de brumisateurs...


Haut de page

Sommaire

Contact

Martine Tabeaud
Centre de biogéographie écologie (BIOGEO)
CNRS-Universités Paris 1 et 4
Tél. : +33 (0)4 37 37 64 13
Mél : ¼a hr%f= mailto:martine.tabeaud@univ-paris1.fr">martine.tabeaud@univ-paris1.fr

Consulter le site web
BIOGEO

Retour à l'accueilContactcreditsCom'PratiqueAccessibilité : aide