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Europe-Asie : deux continents se redécouvrent…

Comme au temps du commerce des épices et de la soie

La place de l'Europe dans le commerce avec l'Asie a beau se situer loin derrière celles occupées par le Japon et les Etats-Unis, le retard accumulé par le « Vieux Monde » tend à se combler, lentement mais sûrement, depuis la deuxième moitié des années 1990.

Si le retour de Macao dans le giron chinois, en 1999, a mis un point final à « l'aventure » coloniale de l'Europe en Asie-Pacifique, et rompu le cordon ombilical qui reliait les deux continents, les années 1990 ont marqué, de la part d'une Union européenne (UE) progressant sur le chemin de l'intégration et capable d'unifier sa diplomatie et sa stratégie vis-à-vis de l'Asie, un net regain d'intérêt pour l'est du monde1. Impossible, de fait, pour le plus grand « bloc commercial » de la planète, qui a compris que seule une approche communautaire (et non des actions bilatérales) pouvait y contrebalancer le poids des intérêts américains ou japonais, d'ignorer cette région où flambaient les plus forts taux de croissance et où brillaient les perspectives de développement les plus prometteuses.
Dynamisés par la restauration et l'approfondissement de relations compromises par la guerre du Vietnam et le contexte de la guerre froide, ainsi que par l'entrée tardive de l'Angleterre dans la Communauté (1973), les flux d'investissements en provenance du « Vieux Monde » (45,9 milliards de dollars) ont tutoyé, en 1994, le niveau des investissements américains (47 milliards de dollars) et se sont rapprochés du score japonais (76,2). Malgré la crise économique qui l'a frappée en 1997, mais grâce à la reprise intervenue en 1999, l'Asie orientale est désormais la principale source de revenus nets des Investissements directs de l'Europe (IDE) et compte, pour cette dernière, comme elle comptait à l'époque du commerce des épices et de la soie.

Un déficit en perpétuelle expansion
Il n'empêche : en dépit des efforts déployés par l'UE (programmes destinés à la formation d'hommes d'affaires et de scientifiques, mise en place d'un réseau de chambres de commerce opérant comme un lobby de défense des intérêts de l'Union...), la balance des échanges avec ce quartier pléthorique de la planète reste largement déficitaire (31 milliards d'euros en 1997). Et ce déficit continue de s'accroître, en vertu d'importants – et persistants – déficits structurels enregistrés par les Européens avec la Chine et le Japon. Peu de pays, hormis l'Italie, la France, la Suède et le Danemark, enregistrent un excédent – trop modeste pour compenser le déséquilibre global – avec la région.
En Asie du Sud, en revanche, l'Europe a reconquis sa place de premier partenaire commercial des pays peuplant cet espace géographique. à commencer par l'Inde, dont 28 % des importations et 25 % des exportations proviennent aujourd'hui du Vieux Continent. La politique de libéralisation menée par le gouvernement local, depuis 1991, a fouetté les échanges qui ont doublé en moins d'une décennie. Des chiffres prometteurs qui ne doivent toutefois pas faire oublier que ce marché ne représente encore que 1,3 % des ventes européennes dans le monde…

Le Japon : entre fascination et appréhension
Première « cible commerciale » pour l'Europe en Extrême-Orient, le Japon a longtemps constitué le seul débouché intéressant pour les produits et la technologie occidentale sous ces latitudes. Suscitant tour à tour admiration et inquiétude, l'Empire du Soleil Levant, que tant de caractères séparent de nos civilisations, a été perçu, dès les années 1960, comme un concurrent plus que comme un partenaire. à l'heure actuelle, le Japon se situe au deuxième rang des fournisseurs de l'Europe (9 % des importations), derrière les États-Unis, et figure au troisième rang de ses clients, toujours derrière les états-Unis (et la Suisse), absorbant à lui seul 5,7 % du total des exportations communautaires. Au nombre de 137 000 (une communauté en progression constante depuis vingt ans, et bien intégrée), les « Japonais d'Europe » y ont favorisé la « visibilité » de leurs entreprises et de leur production culturelle (karaoké, manga...), faisant naître à tort la crainte d'une « japonisation » de l'Europe occidentale.


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à lire

Michel Foucher (dir.).
Asies nouvelles.
Atlas gépolitique
. Belin, Paris, 2002.

Contact

Guy Faure
Directeur adjoint de l'Institut d'Asie orientale (IAO),
CNRS-Université Lyon 2-ENS lettres et sciences humaines
Tél. : 04 37 37 64 84
Télécopie : 04 37 37 64 76
Mél : guy.faure@ens-lsh.fr

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iao.ish-lyon

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