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Attention article publié avant décembre 2005

De Reuilly à Passy, « Saintonge » est entré dans Paris

Plus de 1 500 immeubles parisiens infestés, dépérissement d'arbres d'alignement dans les rues, 15 arrondissements touchés par l'avancée du Reticulitermes santonensis... Depuis mars 2003, Paris est classé en zone de surveillance par arrêté du préfet de Paris. Anne-Geneviève Bagnères-Urbany, directrice de recherche à l'Institut de recherche sur la biologie de l'insecte (IRBI), nous en dit plus sur les accords signés entre la Ville de Paris et le CNRS pour lutter contre le termite « de Saintonge ».

termites

© CSI.

Termites ouvriers au sein de la colonie.


En 1993, lorsque la Direction des parcs, jardins et espaces verts (DPJEV) constate que les termites sont à l'origine du dépérissement des arbres d'alignement, la Ville de Paris signe une première convention avec le Laboratoire de neurobiologie du CNRS de Marseille. Les travaux, achevés en 1997, ont permis de cartographier les zones où les termites sévissaient et d'utiliser, pour la première fois, une méthode curative de lutte contre ces insectes en milieu urbain.

Avant la loi du 8 juin 1999, année d'une seconde convention entre la Mairie de Paris (DPJEV) et le CNRS, il n'existait quasiment pas de réglementation nationale pour lutter contre ces insectes xylophages.

Entre 2000 et 2003, des missions de prospection de termites ont été réalisées à l'intérieur des bâtiments et sur les arbres d'alignement. Avec l'aide du Service municipal d'actions de salubrité et d'hygiène (SMASH) de la Ville de Paris et de différents professionnels, la plupart des arrondissements ont pu être échantillonnés. (Cf. pour en savoir plus)

Les résultats d'analyses des structures génétiques des colonies montrent que des changements du système de reproduction des espèces de termites souterrains sont associés à l'invasion de nouveaux habitats et que la propagation et l'établissement de cette espèce en milieu urbain sont facilités par l'activité humaine. Ceci démontre une certaine dynamique des colonies de ce termite en ville. On retrouve par exemple, sur le boulevard de la Madeleine, une colonie présente sur une vingtaine d'arbres et s'étalant sur plus de 300 mètres.

Cette meilleure compréhension des stratégies de propagation des colonies, provenant certainement des bâtiments pour aller jusqu'aux arbres d'alignement, devrait permettre d'établir une politique de prévention durable contre l'envahisseur. La connaissance des empreintes génétiques des différentes colonies parisiennes pourrait ainsi aider à gérer intelligemment le contrôle de ces insectes en suivant leur dispersion et leur disparition au cours des traitements.

L'étude de cette espèce à caractère invasif a également révélé que son origine était sans doute bien au-delà de la Saintonge, de l'autre côté de l'océan Atlantique…


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Genetic analysis of the breeding system of an invasive subterranean termite Reticulitermes santonensis in urban and natural habitats. S. Dronnet, M. Chapuisat, E.L. Vargo, C. Lohou, and A.-G. Bagnères, 2005. Molecular Ecology, 14, pp.1311-1320.

Contact

Anne-Geneviève Bagnères-Urbany
Institut de recherche sur la biologie de l'insecte (IRBI)
CNRS-Université de Tours
Tél. : +33 (0)2 47 36 73 48
Mél : bagneres@univ-tours.fr

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