Moteur de recherche

 

Espace presseThema

Attention article publié avant décembre 2005

Météo des villes et météo des champs

L'îlot de chaleur urbain parisien

Les Parisiens le savent bien, la neige est plutôt rare sur leur ville. Tandis que la formation d'un brouillard est un événement exceptionnel dans la capitale. La raison de cette bizarrerie climatique ? L'existence au-dessus de l'agglomération de ce que les scientifiques appellent un «îlot de chaleur urbain» (ICU). Les explications sur la formation de l'« ICU » et son évolution par Olivier Cantat, chercheur au Laboratoire GÉOPHEN à Caen.

La différence de la température atmosphérique entre les villes et les campagnes environnantes est un phénomène connu depuis le XIXe siècle. Elle ne serait pas due majoritairement à l'activité industrielle ou à la circulation automobile, mais à la faible place que nos cités accordent aux zones humides et aux végétaux, lesquels ont la propriété d'évacuer par « évapo-transpiration » la chaleur emmagasinée dans les sols par le soleil.

Olivier Cantat cherche à comprendre comment les « types de temps » sur la capitale peuvent influer sur la différence de température entre l'agglomération parisienne et la campagne. Car si « en moyenne », l'intensité de cette anomalie thermique est plus marquée le matin en été (3,4 °C) qu'en hiver (2,5 °C), les chercheurs n'ignorent pas qu'elle varie beaucoup et rapidement : parfois, de 0 à plus de 10 °C, d'un jour sur l'autre, voire au cours d'une seule et même journée !

D'où l'intérêt de pousser l'analyse de l'« ICU » au-delà de ses seules variations saisonnières ou de son éventuelle dépendance aux grands phénomènes de circulations atmosphériques (anticyclone, dépression). Avec un espoir : pouvoir un jour déterminer les paramètres-clés contrôlant la formation de cette « bulle » de chaleur. Le chercheur a dépouillé les relevés quotidiens et horaires fournis par des stations de Météo-France installées en Île-de-France. Des données provenant de 55 postes thermiques répartis sur 10 000 kilomètres carrés et réunies pour réaliser des cartes de « l'ICU » ont été ensuite classées en fonction de la période de l'année, de l'heure, et du type de temps sévissant sur la capitale. Conclusion : l'importance de l'anomalie thermique ne dépend ni des saisons, ni de l'existence d'un anticyclone ou d'une dépression sur la région. Mais, tout simplement, de l'ensoleillement et de la force du vent sur l'agglomération.

En règle générale, une journée couverte et venteuse sur Paris (statistiquement plus fréquente en hiver qu'en été ou lorsqu'une dépression s'est installée sur la région) donne, en effet, un ICU faible. Tandis qu'une nuit claire et calme (comme il s'en produit en « moyenne » souvent en été ou lors d'anticyclones) peut être à l'origine d'une différence de plus de 10 °C entre le centre de l'agglomération et la campagne.

Toutefois, prévient Olivier Cantat : « il ne s'agit ici que d'un modèle de base ! Les situations atypiques sont nombreuses ». Dues bien souvent, à des phénomènes dits de « basses couches » (brouillard, nuages bas…). Leur compréhension et donc leur prédiction passent par la mise en place d'un réseau de stations capables de réaliser des profils verticaux de la température et de l'humidité de l'atmosphère. Un jeu qui en vaut peut-être la chandelle. L'importance de la dispersion des polluants dans le ciel de Paris, dépend aussi de l'intensité de l'îlot de chaleur urbain.


Haut de page

Sommaire

à lire

L'îlot de chaleur urbain parisien selon les types de temps. Olivier Cantat. Norois, n° 191, 2004/2, pp. 75-102.

Contact

Olivier Cantat
Laboratoire « Géographie physique et environnement » (GÉOPHEN, LETG)
CNRS-Université de Caen
Tél. : +33 (0)2 31 56 60 46
Mél : cantat@geo.unicaen.fr

Consulter le site web
GÉOPHEN

Retour à l'accueilContactcreditsCom'PratiqueAccessibilité : aide