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Attention article publié avant décembre 2005

Un observatoire du territoire européen

Quelle politique régionale en Europe au XXIe siècle ?

Mettre en réseau des spécialistes de l'aménagement du territoire dans l'ensemble des pays européens pour proposer de nouveaux outils de planification territoriale : telle est l'ambitieuse mission dévolue au programme ORATE. Les explications d'un des responsables du point focal français, Claude Grasland.

Quels sont les objectifs précis du programme de recherche ORATE 2006 ?
Claude Grasland. L'Observatoire en réseau de l'aménagement du territoire européen (ORATE, dont l'unité de recherche RIATE1, que je co-dirige avec Nadine Cattan, constitue le point focal français) réunit des experts scientifiques et des décideurs politiques de l'ensemble des pays de l'Union, ainsi que des pays voisins et des pays candidats à l'adhésion. L'objectif global de ce programme de recherche est de consolider l'émergence d'une politique européenne d'aménagement du territoire. à court terme, notre mission consiste à fournir des réponses concrètes à des questions précises : quelles seront les conséquences territoriales de l'élargissement ? Comment harmoniser les politiques sectorielles de l'Union et mesurer leur impact territorial ?, etc. à long terme, il s'agira d'examiner quelles décisions politiques permettront de concilier la compétitivité économique, la cohésion sociale et le dévelop-pement durable.

Quels nouveaux critères imaginez-vous pour « jauger » les potentialités et les dynamiques des territoires ?
C. G. Une première piste de recherche consiste à s'affranchir des statistiques officielles habituelles (richesse par habitant, chômage...) et à explorer de nouvelles familles d'indicateurs, afin de définir des critères susceptibles d'évaluer, par exemple, les « ressources culturelles » ou « naturelles » et de développer une politique de conservation du patrimoine.

Ces premiers essais de quantification sont-ils convaincants ?
C. G. Pas vraiment. Le scientifique interagit évidemment avec le politique quand tel pays d'Europe du Nord propose des indicateurs de ressources culturelles centrés sur les « paysages culturels », alors que tel pays d'Europe du Sud suggère de privilégier le patrimoine architectural…

Dans l'Atlas de France, vous montrez que l'on peut également tenter de « bonifier » les indicateurs existants à l'aide des outils d'analyse spatiale…
C. G. En attendant l'arrivée de nouveaux indicateurs plus pertinents, on peut déjà essayer de mieux utiliser les sources disponibles, notamment à l'aide d'approches multiscalaires. Un exemple : le fait de savoir que la Catalogne a un PNB de 17 340 euros par habitant en 1999 n'a pas grand intérêt en soi. Il est plus important de montrer comment cette valeur permet de situer la Catalogne par rapport à la moyenne de l'Union européenne (21 360), de l'Espagne (14 270) et des régions voisines, françaises ou espagnoles (16 260). On voit alors apparaître les conflits, en matière de politique territoriale, que peut entraîner la situation d'une région fondée à bénéficier des aides européennes (- 18 %), mais tenue de contribuer à la solidarité nationale (+ 22 %), tout en se situant à un niveau sensiblement égal à la moyenne des régions environnantes (+ 7 %).

Ces nouvelles approches ont-elles des conséquences cartographiques ?
C. G. Bien sûr. Dès lors que la valeur d'un indicateur est relative à un certain contexte spatial et temporel, il existe une infinité de représentations cartographiques possibles du même phénomène. Il faut donc construire des outils de production interactive des cartes en fonction des demandes et des besoins de l'utilisateur scientifique ou politique. C'est d'ailleurs l'objectif du projet de recherche Hypercarte, qui produit de nouvelles formes de représentations des phénomènes sociaux (cartes de discontinuités, cartes lissées « sans frontières »…).

Pourquoi avoir lancé, début 2002, une étude sur la diffusion spatiale des pièces euro étrangères en France ?
C. G. Parce que les pièces transportées par des chaînes d'individus constituent un marqueur exceptionnel des déplacements de l'ensemble de la population européenne et fournissent de précieux renseignements sur les chemins potentiels de diffusion des épidémies, des modes, des innovations... Surtout, le brassage des pièces constitue l'un des rares signes tangibles de l'intégration européenne : cartographier la diffusion de l'euro est symboliquement important, car ces images d'une intégration purement « matérielle » peuvent contribuer au renforcement d'un sentiment d'intégration « affective et spirituelle » parmi les citoyens européens.

Probabilité d'avoir une pièce euro étrangère dans son porte-monnaie.

Foreign coins probability Mars 2002

© Grasland C. (University Paris 7), Guerin-Pace F. (INED) Euro Spatial Diffusion Observatory, September 2002

(a) Mars 2002


Foreign coins probability Juin 2002

© Grasland C. (University Paris 7), Guerin-Pace F. (INED) Euro Spatial Diffusion Observatory, September 2002

(b) Juin 2002


Foreign coins probability Septembre 2002

© Grasland C. (University Paris 7), Guerin-Pace F. (INED) Euro Spatial Diffusion Observatory, September 2002

(c) Septembre 2002



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Sommaire

à lire

• Grasland C. 2001. « Des disparités régionales à la mesure de l'Europe », Atlas de France, vol. « Aménagement du territoire », pp. 132-136.
• Grasland C., Guérin-Pace F. 2002. « La circulation des euros, reflet de la mobilité des hommes », Population & Société, n°384, INED, Paris.

Contact

Claude Grasland
Directeur du RIATE
Tél./télécopie : 01 44 27 99 83
Mél : claude.grasland@parisgeo.cnrs.fr

Consulter le site web :
orate.prd

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