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Attention article publié avant décembre 2005

Faut-il réformer la loi de 1905 ?

Pour Jean Baubérot, qui a fait partie des dix-huit sages de la « Commission sur l'application du principe de laïcité dans la République » (dite « Commission Stasi »), la réponse est clairement non.

« La loi de 1905, qui a conduit à la pacification religieuse et acquis une grande portée symbolique, doit être laissée en l'état. En instaurant le fait qu'il n'y a, en France, aucune religion officielle et toute liberté de conscience et de culte, elle est devenue plus qu'une loi, un 'texte patrimonial' à l'égal de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. La modifier serait interprété par l'opinion publique comme une remise en cause du pacte laïque qui a mis tellement de temps à se mettre en place ».

Encore s'agit-il, sans en détourner l'esprit, de l'appliquer in extenso. Et se rappeler, par exemple, à l'heure où l'islam occupe une place grandissante dans le paysage cultuel tricolore, qu'il « n'y a pas d'aumôneries musulmanes à l'armée ou dans les lycées, alors que les textes prévoient noir sur blanc cette possibilité. La loi de 1905, poursuit Jean Baubérot, n'a pas empêché la construction de la Mosquée de Paris sur fonds publics, en 1926. Et c'est Édouard Herriot, un laïque, qui a présidé le comité à l'origine de ce projet… ».

Mais attention ! S'adapter à des mutations imprévues (comme l'importance prise par l'islam) suppose aussi, en parallèle, de « construire une France où la pluralité culturelle, et pas seulement religieuse, ne menace pas l'unité nationale. De même que les inventeurs de la loi de 1905 ont compris qu'il fallait permettre aux gens de pratiquer leur foi dans une société laïque (grâce à quoi, aujourd'hui, chaque fin de semaine, quelques millions de personnes se réunissent paisiblement dans des églises, des temples, des synagogues et des mosquées), de même devons-nous résoudre les problèmes qui se posent en 2005 en matière de diversité culturelle, sans transiger, naturellement, avec les droits de l'Homme. Le meilleur témoignage de fidélité à fournir à nos 'glorieux ancêtres' serait de manifester la même inventivité qu'eux. Le nouveau Briand, hélas, n'est pas encore éclos ».


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à lire

Faut-il modifier la loi de 1905 ?, Ouvrage collectif sous la direction de Yves Charles Zarka, PUF, 2005.

Contact

Jean Baubérot
Groupe de sociologie des religions et de la laïcité (GSRL)
CNRS-EPHE
Mél : jeanbauberot@hotmail.com

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