Moteur de recherche

 

Espace presseThema

Attention article publié avant décembre 2005

Bricolages psycho-spirituels

Dans une société qui prône de plus en plus le bien-être individuel, les croyances psycho-spirituelles, associant pratiques religieuses et psychologie, foisonnent. Un phénomène qui intéresse Françoise Champion, sociologue au Centre de recherche « Psychotropes, santé mentale et société » (CESAMES).

Les institutions religieuses perdent du terrain depuis une quarantaine d'années, y compris en matière de prise en charge de la vie personnelle. Au contraire, la psychologie, la psychanalyse et toute autre forme de psychothérapie prennent une place de plus en plus importante. Elles concurrencent la religion mais aussi la transforment. Ainsi y a-t-il une « psychologisation » des croyances et pratiques chrétiennes. Certains croyants mobilisent leur foi pour être heureux ici-bas sur terre, ou cherchent dans les textes sacrés des paroles que d'autres vont trouver chez des psychologues.

Cheminement spirituel et quête de mieux-être se mêlent aujourd'hui davantage, pour fournir à la fois des outils thérapeutiques et du sens à l'existence. « Les bricolages psycho-spirituels se nourrissent de pratiques religieuses glissant vers le psychologique, mais aussi de la tendance inverse », ajoute Françoise Champion. En effet, déconnectées de la religion institutionnelle dont elles sont issues, certaines pratiques se transforment en ressources « psy ». Exemples : le taï-chi-chuan, lié au taoïsme, le yoga spirituel ou le travail sur les chakras, empruntés à l'hindouisme. Les stages, les méthodes et les produits qui s'en inspirent rencontrent un succès croissant. Ces pratiques jugent essentielle l'association du corps et de l'esprit dans la quête du bien-être et donnent à celle-ci une dimension spirituelle que beaucoup de gens recherchent.

Bien sûr, tout le monde n'adhère pas à ces mouvements. Certains s'inquiètent même de les voir foisonner. « En France, la société valorise plus qu'ailleurs la pensée rationnelle et scientifique. Elle a peur de tout ce qui est farfelu et a tendance à assimiler ce type de pratiques aux sectes », explique Françoise Champion. « Cette crainte est d'autant plus forte qu'il existe des exemples, comme l'Eglise de scientologie, de groupes psycho-spirituels ayant dérivé vers des comportements sectaires. Mais attention aux amalgames : tous ne conduisent pas forcément sur cette voie ».


Haut de page

Sommaire

Contact

Françoise Champion
Centre de recherche « Psychotropes, santé mentale, société » (CESAMES)
CNRS-Université Paris 5
Tél. : +33 (0)1 42 86 38 77
Mél : fchampion@noos.fr

Consulter le site web
CESAMES

Retour à l'accueilContactcreditsCom'PratiqueAccessibilité : aide