Moteur de recherche

 

Espace presseThema

Attention article publié avant décembre 2005

Apatrides, déracinés ou assimilés

Exodes et exils, errance et sédentarisation, mobilisations communautaires sont autant de notions à revisiter et construire sociologiquement. La dispersion géographique et la transnationalité des mouvements, le dépassement réel et symbolique des États-nations, invitent à construire de nouvelles problématiques. Chantal Bordes-Benayoun, sociologue au Centre d'anthropologie s'interroge sur la notion de diaspora à partir de la diversité des expériences migratoires contemporaines.

elt_diasporaQuelle est votre définition de la diaspora ?
Chantal Bordes-Benayoun.
Le mot hébreu galout (exil) se rattache à la nostalgie des origines, à la théologie du retour, aux thèses sionistes, tandis que le terme grec diaspora renvoie à la dissémination historique des juifs à travers le monde. La diaspora1 est une dispersion spatiale et une expérience sociale : passages et contours, tours et détours, exodes collectifs et rêves personnels d'un ailleurs meilleur…

Quel rôle jouent les religions dans la migration ?
C. B.-B.
Les religions sont un catalyseur et un ciment de la dispersion. Elles tiennent un rôle essentiel dans la production et la transmission de la continuité historique et culturelle. On peut s'interroger sur les rapports entre ethnicité et religion, sur les formes de renouveau et de retour et sur la revendication et la promotion des identités. Aux aventures humaines répondent de nouvelles audaces intellectuelles.

Le « juif errant », mythe ou réalité ?
C. B.-B.
La diaspora juive est, par sa longévité et la complexité de ses configurations spatiales, exemplaire sur ce point. Pour un juif, vivre en diaspora ne se résume pas simplement au fait de ne pas vivre en « terre promise », Israël. Être « juif français », « Français de confession israélite », « juif séfarade », ou « juif d'origine polonaise » ne sont pas de banales assertions, mais des informations sélectives sur la place que chacun entend faire valoir dans la topographie diasporique. C'est en diaspora que les juifs ont construit leur identité, leurs rites, leurs traditions et leur culture.

Les chemins des migrations juives des siècles passés ont fait de cette ligne univoque Israël/diaspora, une ligne brisée. Entre la puissance émotionnelle et socialisatrice de la terre natale, l'âpreté de l'arrachement aux pays que l'on a quittés et l'attachement à la patrie où l'on a choisi de vivre, et le message fort, transmis à chaque génération à la fin des fêtes de Pessah : « l'an prochain à Jérusalem », l'expérience juive construit des chemins divers.


Haut de page

Sommaire

à lire

• Bordes-Benayoun C., Les diasporas, dispersion spatiale, expérience sociale, Autrepart, Éditions de l'Aube, 2002.

• Bordes-Benayoun C., Revisiter les diasporas, Diasporas, histoire et société, n°1, juin 2002.

Contact

Chantal Bordes-Benayoun
Centre d'anthropologie
CNRS-EHESS-Universités Toulouse 2 et 3
Tél. : +33 (0)5 61 55 80 70
Mél : chantal.bordes@univ-tlse2.fr

Consulter le site web
Centre d'anthropologie

Retour à l'accueilContactcreditsCom'PratiqueAccessibilité : aide