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Attention article publié avant décembre 2005

Aux marges de l'Europe : quelles frontières pour le Continent ?

Qu'est-ce qu'une frontière ? Quelles sont ses différentes représentations ? Comment s'élaborent les rapports entre homme et espace ? L'équipe de recherche « Territorialité, identité dans le domaine européen » (TIDE)1 tente de répondre à chacune de ces questions.

L'équipe de recherche TIDE regroupe géo-graphes, juristes, politistes, sociologues, socio-linguistes, et civilisationnistes spécialisés en allemand, italien, russe, serbo-croate, tchèque, turc ; elle mène une réflexion sur la dimension identitaire des processus territoriaux dans le domaine européen.
Le projet et la pratique de TIDE se différencient des approches de type géopolitique ou géographie culturelle. Ses travaux se fondent essentiellement sur l'observation de nouvelles pratiques territoriales, sur le long terme plutôt que sur les développements de l'actualité. Les études de terrain nourrissent la réflexion conceptuelle sur les catégories de frontières, de maillages, de réseaux, de diasporas (diasporas d'origine européenne dans le monde ou diasporas en Europe), de minorités, de centralité et de domination.
Abordée par la marge (Caucase, Turquie, isthme Baltique-mer Noire), mais aussi par sa relation au monde, l'Europe semble chercher sa cohérence à travers la mondialisation par la mise en œuvre des modèles de territorialité. L'hypothèse de travail des chercheurs est que, mondialisation ou pas, l'Europe est saisie en tant que combinaison de marges de tout type, plutôt que de grands espaces homogènes.

De l'importance des marges
Les recherches se concentrent sur les interactions complexes qui existent entre l'homme et l'espace, entre identités et territoires. S'intéressant au paradigme Europe, certains chercheurs envisagent l'Union européenne du point de vue de son élargissement à l'est, ce qui reprend sous un jour nouveau la question des limites orientales de l'Europe. Un questionnement est également au centre de leurs travaux : comment les nouvelles structures institutionnelles transnationales interfèrent-elles avec les structures territoriales antérieures ? Essayant d'identifier ce qu'elles impliquent comme nouvelles normes et valeurs, comme actions/activités en opposition avec les coutumes des sociétés qui leur sont soumises, ils tentent enfin de définir où s'arrête véritablement une réalité territoriale dite « Europe ».
Les travaux recherchent inversement à décrypter l'attrait exercé par cette Union sur les populations de l'Est, à l'heure où l'édifice s'apprête à connaître un élargissement sans précédent. Sur la frontière est de l'Europe, la Pologne s'apprête à intégrer l'UE, alors que ses voisins (Ukraine, Biélorussie) restent à l'écart. La candidature de la Turquie est reconnue sans précision ni certitude quant à son entrée. Les chercheurs du TIDE sont amenés à se pencher sur les diasporas et les espaces transnationaux en Europe et dans le monde. L'approche étant ici comparative afin de comprendre le lent processus de maturation et de création des États-nations aux frontières orientales de l'Europe.

Le rôle de la langue
L'autre point fort des recherches du TIDE concerne la relation qui existe entre langues et frontières, du fait de situations linguistiques minoritaires.
Les langues minoritaires ne sont ici pas étudiées pour elles-mêmes mais en contexte, dans des configurations larges, liées à des traditions stato-nationales marquées par la présence et le rôle de langues officielles d'État. Les problèmes de reconnaissance et de gestion auxquels les langues minoritaires sont généralement confrontées leur confèrent des profils propres à faire émerger des questions concernant la notion de frontière dans un sens large. La frontière linguistique, qui entre déjà en interaction avec la frontière politique, est ici postulée comme un paradigme incluant, d'une part, la limite externe de langue et, d'autre part, différentes limites internes, les premières déterminées par l'aréologie linguistique2, les secondes, induites par d'autres limites, administratives et « politico-identitaires », les troisièmes, découlant des usages réels, et les quatrièmes, des représentations. Les interactions entre ces différents types de limites conduisent à une analyse typologique. Un des intérêts opératoires qui pourrait découler de leur investigation est une meilleure connaissance du rôle du plurilinguisme dans la restructuration de l'espace européen.
Ce plurilinguisme suppose de nouvelles approches et procédures propres à dynamiser et à stabiliser la gestion des contacts de langues entre langues de grande communication et/ou officielles d'État et langues moins répandues.


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Contact

Françoise Rollan
Directeur de recherche au CNRS
TIDE
Tél. : 05 56 84 68 27
Mél : Francoise.Rollan@msha.u-bordeaux.fr

Consulter le site web :
tide.montaigne.u-bordeaux

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