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La physique de Marie Curie racontée par Hélène Langevin-Joliot

Hélène Langevin-Joliot, petite-fille de Marie Curie, est chercheuse émérite au CNRS après une carrière dédiée à la physique nucléaire fondamentale. Elle aime raconter au public l'histoire de la physique, la voie contre le cancer ouverte par les Curie, les liens entre femmes et science…

Les applications médicales des découvertes de Marie Curie l'ont rendue populaire…
Hélène Langevin-Joliot.
Quand Marie et Pierre Curie1 découvrent ensemble l'existence du radium en 1898, les rayons X sont déjà utilisés pour « voir à travers le corps humain ». Henri Becquerel a montré le premier l'émission spontanée de rayonnements invisibles : les « rayons uraniques ». Mais cette radioactivité est trop faible pour être utilisée, moins d'un millionième du radium qui provoque d'intenses brûlures. Dès 1901, Pierre Curie contacte des dermatologues. Marie Curie continue l'analyse précise de ses propriétés. Pour obtenir quelques décigrammes du précieux radium, ce sont des tonnes de minerai d'uranium qu'elle traite chimiquement ! La « curiethérapie »2 consistera à appliquer directement cette source radioactive au contact des cellules cancéreuses de tumeurs externes ou accessibles, pour les détruire.

Quel a été le rôle de Marie Curie pendant la première guerre mondiale ?
H. L.-J.
Pour les besoins du front, Marie Curie a imaginé des postes mobiles de radiologie nécessaires au diagnostic médical. Sur ces appareils compliqués, la manipulation des rayons X nécessitait des connaissances pointues en mécanique, électricité, anatomie. Marie Curie a elle-même donné des cours théoriques sur les rayons X à des techniciennes et encadré des travaux pratiques à l'Institut du Radium, dès 1914. Certaines élèves étaient infirmières, mais aucune n'avait de formation supérieure. La motivation et la formation par l'expérience expliquent la réussite de ces femmes, performantes en six mois.

Marie Curie a très tôt enseigné « autrement » la physique ?
H. L.-J.
Elle a introduit en 1900 les travaux pratiques à l'école de Sèvres, où les filles ne bénéficiaient jusque là que de théorie. Puis, en 1907, avec d'autres savants de l'époque, elle a participé à « la coopérative d'enseignement », sorte de système d'échange des savoirs des parents pour leurs enfants. Pour Marie Curie, les écoles françaises dispensaient trop de cours et pas assez de temps pour la science ou les activités de plein air. Or les enfants doivent pouvoir observer et faire par eux-mêmes. Son approche serait aujourd'hui comparable à l'école Freinet ou à « La Main à la pâte ».


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Contact

Hélène Langevin-Joliot
Institut de physique nucléaire d'Orsay
CNRS-Université Paris 11
Tél. : +33 (0)1 69 15 73 40

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