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En quoi ce nouveau type de lentilles révolutionne-t-il le système d'autofocus ?
Bruno Berge. Les lentilles utilisées plus classiquement reposent sur des systèmes motorisés. Dans notre cas, c'est l'interface entre deux liquides de même densité qui détermine le réglage autofocus. La lentille a une forme de cône renfermant deux liquides transparents qui ne se mélangent pas : de l'eau et de l'huile. L'eau est conductrice d'électricité, l'huile est un isolant. Les parois de la lentille sont hydrophobes et renferment des électrodes. En l'absence de charge électrique, l'eau « évite » les parois et forme alors un arc de cercle, laissant l'huile occuper l'espace libre. Lorsqu'une charge électrique est délivrée, les parois sont rendues moins hydrophobes. L'eau attirée par les électrodes se colle aux parois, déformant la frontière eau/huile. Ceci permet de changer la réfraction de la lumière incidente et, en fonction du réglage, de réaliser une mise au point jusqu'à ce que l'objet visé apparaisse net.
Quels avantages ce système apporte-t-il en comparaison avec les systèmes motorisés ?
B. B. Tout d'abord, le faible niveau d'énergie nécessaire. Les téléphones mobiles ont souvent des durées de charge limitées. Avec cette lentille liquide, la mise au point dépense 10 fois moins d'énergie qu'avec une lentille motorisée. Ensuite, le prix moyen de ce système. Une lentille liquide coûte environ 1 à 2 euros par combiné lors de la production de masse, contre environ 20 euros pour les lentilles classiques.
Quelles autres applications cette lentille peut-elle avoir ?
B. B. Il est vrai que nous ciblons principalement les téléphones mobiles équipés d'un appareil photo numérique, car il s'agit d'un marché en pleine expansion avec des millions de pièces vendues. De plus, les téléphones n'étaient pas jusqu'à présent équipés d'un mode autofocus, trop coûteux. Néanmoins, nous visons également d'autres applications qui peuvent être très variées comme l'endoscopie dans le domaine médical, les lentilles correctrices pour des instruments optiques, mais aussi des techniques d'identification d'iris et d'empreintes digitales ou bien des lecteurs de code barre dans le domaine de l'identification biométrique.
Bruno Berge
Laboratoire de physique de l'ENS de Lyon
CNRS-ENS Lyon
Tél. : +33 (0)4 37 65 35 31
Mél : Bruno.Berge@varioptic.com
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