Moteur de recherche

 

Espace presseThema

L'Espagne, un laboratoire pour l'Europe

Chargé de recherche au Centre d'études politiques de l'Europe latine (CEPEL)1, William Genieys propose de faire de l'analyse du changement politique en Espagne un lieu privilégié pour comprendre les mécanismes à l'œuvre dans la construction européenne.

Vous avez coordonné un numéro de Pôle Sud sur l'Espagne du politique. Pourquoi ce thème ?
William Genieys. Depuis 1975, de grands changements sociétaux et politiques (passage d'un régime autoritaire à un régime démocratique, transformation radicale du mode d'organisation de l'État…) ont eu lieu en Espagne. Pourtant, en France, les sciences sociales ne se sont que très peu penchées sur ces bouleversements. Il fallait combler ce manque. Pour cela, nous avons donné la parole aux chercheurs espagnols, dont beaucoup ont été formés aux États-Unis ou en Angleterre, afin de voir comment ils travaillent sur leurs propres changements.

L'Espagne peut-elle être regardée comme un modèle politique ?
W. G. La transition démocratique a été une réussite et l'Espagne a retrouvé une pleine légitimité sur la scène internationale. Aussi la théorie du changement de régime a-t-elle été largement construite, par ceux qui analysent ces processus, à partir du modèle espagnol, considéré comme exemplaire. Mais celui-ci se révèle aujourd'hui si singulier qu'il n'est pas transposable. Notamment aux pays de l'Est.

Pourquoi considérez-vous l'Espagne comme un eldorado pour l'analyse du politique en Europe ?
W. G. De très centralisé, l'État espagnol est devenu, non un État fédéral, mais un État des autonomies. Or l'Europe ne sera ni centralisée ni fédérale. Elle sera fonction des interactions entre États et il y aura un traitement différencié des pays et des niveaux de gouvernement. En observant ce qui se passe en Espagne – où la différenciation institutionnelle est le fondement de l'ordre constitutionnel –, on voit comment les normes de l'action publique sont confrontées à des réalités politiques et territoriales changeantes. Le polycentrisme asymétrique à l'œuvre est celui qui est au centre de la problématique de la construction politique de l'Europe. Bref, l'Espagne est certainement un modèle de bonne gouvernance pour l'Europe !


Haut de page

Sommaire

à lire

L'Espagne du politique numéro de Pôle Sud, revue de science politique de l'Europe méridionale. Éditions Climats, mai 2002. (Introduction de William Genieys : L'Espagne : un eldorado pour l'analyse du politique en Europe ?).
• W. Genieys. Les élites espagnoles face à l'État. Paris. L'Harmattan, 1997, 284 p.

Contact

William Genieys
CEPEL
Tél. : 04 67 61 54 60
Mél : genieys@univ-montp1.fr

Retour à l'accueilContactcreditsCom'PratiqueAccessibilité : aide