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Sur les traces de l'euroscepticisme britannique

Le pragmatisme de la Grande-Bretagne vis-à-vis des questions européennes intrigue les Européens continentaux, qui parlent volontiers d'euroscepticisme britannique. Agnès Alexandre-Collier, enseignant- chercheur au Centre d'informatisation des données socio-politiques (CIDSP)1 du CNRS à Grenoble, a cherché à en comprendre les ressorts outre-Manche.

Depuis son adhésion tardive à la Communauté européenne, la Grande-Bretagne conserve auprès de ses partenaires continentaux une réputation de mauvais élève insulaire. Son refus actuel d'adhérer à l'euro, son attentisme face aux décisions européennes conforte son image d'eurosceptique. Stéréotype ou réalité ? Dans son récent ouvrage « La Grande-Bretagne euro-sceptique »2, Agnès Alexandre-Collier replace cette question dans la complexité des rapports qu'entretiennent la Grande-Bretagne et l'Europe depuis 1945.
Qu'en pensent les Anglais ? Même si cela peut surprendre les continentaux, les Britanniques ne se considèrent pas comme des eurosceptiques. Pour eux, cet adjectif qualifie spécifiquement les députés conservateurs qui, au début des années 1990, ont fait sécession au sein même de leur parti pour s'opposer à la ratification du traité de Maastricht*. L'euroscepticisme s'applique davantage, dans leur esprit, à cette minorité politique et à ses partisans qu'à la manière dont l'Angleterre se comporte en tant que partenaire européen. En revanche, ces prises de positions virulentes sur le thème européen ont contribué à la réputation d'eurosceptique de la Grande-Bretagne.
L'enjeu européen a joué un rôle fondamental dans le débat politique britannique depuis 1945 et a conduit à une recomposition totale de l'échiquier politique. Le parti conservateur, pro-européen sous Churchill, a basculé dans le camp des euro-sceptiques sous l'influence de Margaret Thatcher. Quant au parti travailliste, anti-européen dans les années 1970-1980, il s'est recentré depuis 1997 autour d'une politique pro-européenne. Faut-il cependant aller chercher dans les discours politiques la réponse à l'hésitation de l'opinion britannique envers l'euro ? Pour l'auteur, la frilosité des Anglais dépasse les arguments politiques des partis et tient davantage à la crainte partagée par l'ensemble des Britanniques que le fédéralisme européen ne conduise à l'instauration d'un pouvoir supranational, enclin à éroder la souveraineté de leur parlement national. L'euroscepticisme en Grande-Bretagne se vit donc à différents niveaux : politique et symbolique.


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Contact

Agnès Alexandre-Collier
CIDSP
Tél. : 03 80 49 82 37
Mél : Alexandre.Collier@wanadoo.fr

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msh-alpes.prd

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