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La Communauté européenne* a contribué avec le Marché commun à la hausse du niveau de vie et a favorisé l'émergence de l'Europe sur la scène internationale. Dès les années 1970, elle s'est engagée dans une politique externe active, tissant un réseau mondial avec pays industrialisés et pays en développement de la Méditerranée, d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie. Sa politique commerciale a souvent servi de substitut à une politique étrangère encore embryonnaire entre ses Etats membres.
Le traité de Maastricht* a institué l'Union européenne (UE). Il représente un saut qualitatif avec l'apparition de nouvelles compétences dans des domaines tant économiques (monnaie unique) que non-économiques (santé, culture...), l'officialisation de la politique de coopération au développement et l'émergence d'une politique étrangère et de sécurité commune. C'est une évolution encore inachevée : la dimension politique de l'UE ne correspond pas à son poids économique et celle-ci n'est pas encore acceptée dans toutes les enceintes internationales. Si la Communauté européenne est membre de l'OMC, elle n'est pas, malgré l'existence de l'euro (2e devise mondiale), membre du Fonds monétaire international !
Pour s'affirmer plus sur la scène internationale, l'UE doit réussir son élargissement et en tirer pleinement les atouts ; ainsi elle pourra mieux influer sur les normes élaborées au sein des instances internationales (ONU, OMC...) et promouvoir son modèle de société. Elle doit donc conforter ses partenariats stratégiques, mettre un terme aux contradictions dans ses priorités et revoir son fonctionnement institutionnel. L'éclatement des compétences entre les trois « piliers*» de l'UE et leur partage avec les états membres rendent délicate la conduite d'une politique extérieure cohérente et visible.
L'UE n'a pas la personnalité juridique internationale, ce qui brouille aussi son image. Ses procédures décisionnelles, souvent lourdes, nuisent à sa politique extérieure. C'est pourquoi la Convention sur l'avenir de l'Europe cherche à répondre à ces défis : donner à l'UE les moyens d'être un acteur international visible, crédible et efficace.
1/ Le CEDRE, composante de l'Institut de l'Ouest : Droit et Europe (CNRS-Université Rennes 1), contribue à l'animation du Pôle européen Jean-Monnet de cette Université. Cette recherche a été menée avec le concours de Clara Avril, Hervé Jolif, Jamel Kasmi et Stéphane Perrin, doctorants.
* Voir glossaire
Catherine Flaesch-Mougin
Directrice du CEDRE
Tél. : 02 23 23 77 09
Mél : catherine.flaesch-mougin@univ-rennes1.fr