Moteur de recherche

 

Espace presseThema

Attention article publié avant décembre 2005

Le rôle des forces terrestres dans la sortie de guerre

l'exemple du Kosovo

En 1999, 78 jours de bombardement ont amené la Serbie à retirer ses troupes du Kosovo et à conférer un statut d'autonomie à cette province, sous tutelle de l'ONU et sous protection militaire de l'OTAN.

Cinquante mille militaires de vingt-cinq nations, formant cinq brigades multinationales, se sont installés dans les cinq régions militaires du Kosovo1. Ils étaient armés de toute la panoplie de combat, depuis les blindés lourds jusqu'aux hélicoptères, en passant par l'armement individuel et le matériel du génie. En effet, il a fallu faire face aux mines laissées par les forces serbes en retraite, empêcher que ces forces puissent encore sévir mais aussi qu'elles soient harcelées par l'UCK2.
Plus tard il a fallu certes protéger le Kosovo contre les conséquences des rébellions albanaises au sud de la Serbie et au nord de la Macédoine, mais surtout contre lui-même, face à la tentation de la guerre civile : l'exemple de la ville de Mitrovitsa3 reste dans les mémoires.

Pour y parvenir, la KFOR a d'abord utilisé la dissuasion passive, par une présence massive et un quadrillage systématique du pays : enclaves serbes transformées en places fortes ; églises orthodoxes protégées par des blindés ; patrouilles armées... Ce qui n'a pas empêché des manifestations violentes, notamment à Mitrovitsa. Comme il était impensable d'ouvrir le feu, il a fallu que les forces de combat apprennent les techniques de « contrôle des foules », et que des unités de gendarmerie viennent les renforcer.
Pour éviter le risque d'une insurrection armée ou d'actions de guérilla, la KFOR a associé une politique systématique de renseignement et des recherches systématiques de stocks d'armes. Enfin, il a fallu aussi créer un climat favorable, une certaine sympathie envers les militaires : c'est l'objectif de l'action civilo-militaire, qui aide les populations face aux difficultés quotidiennes et contribue à la reconstruction du pays, au maintien de sa pluri-ethnicité.

Il reste aujourd'hui au Kosovo environ 20 000 militaires de la KFOR. L'exemple de ce pays montre l'importance des missions de stabilisation qui peuvent être menées après une guerre par des forces terrestres multinationales.
Jacques Aben s'est intéressé à d'autres pays confrontés à la guerre, menant notamment des recherches sur les sorties de crises afghane et irakienne.


Haut de page

Sommaire

à lire

Les nouvelles missions de stabilisation des forces terrestres après une guerre : les leçons du Kosovo, Jacques Aben. in Défense et Stratégie (Observatoire européen de sécurité, Université Paris 1) n°9, avril 2004.
Consulter le site web :
Défense et Stratégie

Contact

Jacques Aben
Professeur à l'Université Montpellier 1
États, sociétés, idéologies, défense (ESID)
CNRS-Université Montpellier 3
Tél. : +33 (0)4 67 15 83 89
Mél :
jacques.aben@univ-montp1.fr

Consulter le site web :
ESID
----------------------------------------------
Ce texte a été rédigé avant les événements de mars 2004 au Kosovo.

Retour à l'accueilContactcreditsCom'PratiqueAccessibilité : aide