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Ange gardien de la science

La fonction de sécurité de défense au CNRS

Guerre économique, pillage technologique, technologies proliférantes, terrorisme, attaques informatiques, intrusions, compromissions… tous ces concepts relèvent du langage quotidien d'un fonctionnaire de sécurité de défense au CNRS. Frissons de vocabulaire ou symptômes de conflits réels remettant en cause la distinction historique des notions de « guerre » et de « paix » ? La neutralité présumée et l'universalité de la science n'offriraient-elles plus refuge au chercheur pacifique ?

L'image du « glaive » et du « bouclier » illustre la problématique attaque/protection et la dualité du conflit (attaquant/défenseur). La mission du « fonctionnaire de sécurité de défense » au CNRS est avant tout une fonction de protection. Protection du patrimoine scientifique et technique, mais également des intérêts de défense et de sécurité civile qui pourraient être atteints par la compromission et l'utilisation malveillante de technologies, de produits ou de matériels dont le CNRS est porteur, détenteur ou utilisateur.

Dépôt de l'échantillon de thorium

© CNRS Photothèque. Photographe : Laurence Médard.

Dépôt de l'échantillon de thorium sur le filament qui sera ensuite introduit dans la source du spectromètre de masse.


La richesse scientifique et intellectuelle du CNRS et son potentiel technique et humain font l'objet de bien de convoitises. La structure ouverte, diverse et éclatée de l'établissement, la mixité des structures de recherche avec les universités et la culture d'ouverture du chercheur sont autant de facteurs de vulnérabilité. L'accueil de nombreux visiteurs et stagiaires étrangers dans des laboratoires sensibles obligent en particulier à la vigilance. Il ne s'agit pas bien sûr de brider les échanges mais au contraire de les faciliter et de les accompagner. La capacité d'un organisme à protéger son patrimoine renforce sa crédibilité et inspire la confiance chez ses partenaires.

La protection concerne aussi les systèmes d'information, cibles privilégiées de hackers (joueurs ou espions ?). L'objectif est d'empêcher les atteintes aux données (compromission, altération, indisponibilité) et aux outils (serveurs, postes de travail, messagerie).

La protection qui peut faire appel à la technologie et à la science (techniques de détection, de décontamination, logiciels, robots…) est d'abord un état d'esprit qui doit conjuguer réalisme et vigilance. Si l'approche « sécuritaire » peut froisser le chercheur pacifique imprégné de culture d'ouverture et de communication, l'enjeu de protection de richesses nationales face à des convoitises effectives semble de mieux en mieux perçu. Le fonctionnaire de sécurité de défense se doit donc de sensibiliser à un nécessaire discernement, dans un monde où mondialisation et disparition des blocs n'ont pas signifié la fin des conflits, loin s'en faut.


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Contact

Joseph Illand
Fonctionnaire de sécurité de défense du CNRS
Tél. : +33 (0)1 44 96 41 88
Mél : joseph.illand@cnrs-dir.fr

Consulter le site web :
Sécurité et défense au CNRS

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