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L'un des objectifs de ce programme était d'apporter des éléments de réflexion scientifique sur la question de la transformation identitaire, voire de l'éventuelle crise identitaire de l'Europe. L'identité européenne demeure en effet une notion ambiguë. De multiples visions du « fait » européen s'enchevêtrent sans pour autant se superposer : la réalité historique de l'Europe ne coïncide pas avec les données physiques ou géographiques, à tel point qu'il est pratiquement impossible de répondre à la question « qu'est-ce qu'être Européen ? », question qui se pose pourtant avec acuité.
L'accélération du processus de construction européenne conduit les citoyens comme les responsables politiques à s'interroger sur l'avenir des organisations fondées sur l'adéquation entre état, nation et territoire. Ces interrogations prennent place dans un contexte où se développent à la fois un sentiment de fragilité face aux processus de globalisation (quelle place l'Europe occupera-t-elle dans le monde ?) et des tentatives de re-territorialisation ou de ré-invention d'identités dont le rapport au territoire semble précisément difficile à cerner.
Aussi, la question de l'identité européenne a-t-elle permis de croiser des approches qui ont peu l'occasion de se féconder mutuellement : recherches sur l'histoire européenne, sur la transformation des sociétés en Europe, sur les défis de l'économie européenne et sur l'émergence de nouvelles formes de régulation politique et juridique au sein des pays et régions qui forment l'ensemble européen.
Le programme a également permis une plus grande structuration des recherches comparatives européennes en France. La politique scientifique du CNRS en la matière était de renforcer le potentiel de recherche de ses laboratoires en sciences de l'homme et de la société, afin de les aider à maintenir leurs positions et/ou combler leur retard par rapport aux centres de recherches des principaux partenaires européens de la France, voire par rapport aux équipes de recherche américaines. D'où une incitation au développement de recherches comparatives et à la mise en place de partenariats avec des centres de recherche étrangers.
Le programme a structuré son activité autour de trois grands axes de recherche :
• L'Europe et la globalisation
La place de l'Europe dans le processus de globalisation est aujourd'hui au cœur des débats et controverses sur la construction de l'Union européenne (UE) à la fois comme espace économique, comme société et comme forme politique. Dans quelle mesure l'Europe constitue-t-elle un espace économique, juridique, social et politique autonome ?
• L'Europe et ses territoires
Comment penser le rapport au(x) territoire(s) de l'UE ? Ce problème est au cœur de la problématique identitaire en Europe : des questionnements qui renvoient à des dimensions historiques, géographiques, économiques, politiques, juridiques, culturelles.
• Un espace public et socio-politique européen ?
Poser la question de l'identité européenne, c'est aussi poser la question d'un espace public européen : en quoi cette notion a-t-elle un sens ? Dans quelle mesure peut-on observer des processus de convergence dans les modes de traitement des problèmes politiques et sociaux, processus susceptibles de constituer des éléments d'une sphère de débat public en gestation ?
Les 42 recherches soutenues dans le cadre du programme ont concerné de nombreuses disciplines : science politique, sociologie, droit, histoire, économie, géographie, anthropologie… Elles ont permis d'analyser des dimensions fondamentales du processus d'intégration européenne telles que la question de l'élargissement de l'Union européenne (question posée en termes d'altérité), de la transformation de l'action de l'état et des transformations des systèmes de protection sociale, des valeurs des européens, de l'identité monétaire de l'Europe après le passage à l'euro, de la construction d'une identité syndicale et politique (partis politiques) européenne ou encore de la question de la réforme de la PAC, de la recomposition des territoires.
1/ Plusieurs d'entre elles sont toujours en cours en 2003.
2/ Ce programme a bénéficié du soutien et d'un accueil au sein de la MSH-Alpes de Grenoble.
3/ CNRS-Institut d'études politiques de Grenoble-Université Grenoble 2.
Les titres et résumés des 42 program-mes de recherche, dont plusieurs se retrouvent dans ce numéro de CNRS Thema, sont disponibles à l'adresse web suivante : Consulter le site web