
Chargée de recherche au CNRS ou maître de conférence à l'université ? Agnès Huynh est encore hésitante.
© Photos François Jannin
Son père ingénieur l'imagine dans la recherche. Sa mère maître de conférence la voit dans l'enseignement : Agnès a grandi dans un bain de sciences. « Mon père, pour qui le métier de chercheur est le plus noble de tous, s'est presque fâché lorsque j'ai préparé mon agrégation pour devenir enseignante en classe prépa. Comme ma mère, qui travaillait souvent à la maison, je voulais profiter d'une certaine liberté. » Mais Agnès craint que l'enseignement, trop répétitif à son goût, ne la lasse. Elle entame alors une thèse au Laboratoire de la matière et de la physique condensée1 de l'ENS de Paris au sein du groupe optique cohérente et non linéaire, dirigé par Philippe Roussignol et Claude Delalande. Le compromis idéal entre autonomie et travail en équipe : « j'ai eu la chance d'être très bien encadrée et de pouvoir interagir souvent avec mes collègues. En même temps, j'ai pu prendre des initiatives, et ainsi commencer à être indépendante. » Tout n'est pourtant pas rose. L'échec des premières expériences de sa thèse aurait pu pousser la jeune femme à l'abandon. « Je suis très accrocheuse, ce que je commence, je l'assume jusqu'au bout », confie-t-elle. Les expériences suivantes, couronnées de succès, ont donné lieu à publication dans des revues prestigieuses. Malgré son investissement dans la recherche, Agnès n'a pas perdu son goût pour l'enseignement. Durant sa thèse, l'allocation couplée (ancienne MRT/monitorat) lui a permis d'assurer un tiers-temps de maître de conférence et de mettre en place des travaux pratiques « libres », permettant aux étudiants de réaliser des expériences voisines de celles qu'elle réalise dans son propre laboratoire. « Cela m'a pris beaucoup plus de temps que prévu, mais pas au point de me faire renoncer à ma seconde passion, l'équitation », précise Agnès. En attendant de présenter sa candidature à un poste de chargée de recherche au CNRS ou de maître de conférence à l'université, Agnès a bénéficié d'un poste d'ATER (voir encadré) à l'université Paris 7 Denis Diderot, où l'attendent les étudiants ainsi qu'un tout nouveau thème de recherche.
Sylvia Arditi
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Une thèse sur les polaritons |
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Son parcours |
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Qu'est-ce qu'un ATER ? |
Agnès Huynh
Laboratoire de physique de la matière condensée.
École normale supérieure, Paris.
agnes.huynh@lpmc.ens.fr