
À la veille de son adhésion à l'Union européenne, la Pologne réorganise en profondeur sa recherche. Cette transformation – entamée dès 1991 avec la création du Comité d'État pour la recherche scientifique, le Komitet Badan Naukowych ou KBN, transformé, en février 2003, en ministère de la recherche scientifique et des technologies de l'information – vise à renforcer le niveau scientifique des laboratoires de recherche polonais et à les insérer dans les programmes européens. La répartition des aides financières aux institutions et organismes publics de recherche s'est traduite, depuis dix ans, par l'introduction de la notion de compétitivité scientifique entre les équipes de recherche. Cette notion s'est renforcée avec l'entrée en vigueur le 1er janvier 2001 de la loi sur le financement et l'organisation de la recherche. Hier réservées aux universités et à l'Académie polonaise des sciences (PAN), équivalent polonais du CNRS ancienne « formule », disposant d'excellents instituts propres de recherche, ces subventions publiques peuvent désormais être attribuées aux associations, fondations et entreprises industrielles ayant des activités de recherche et développement. Le critère retenu n'est plus en effet le caractère étatique de l'organisme de recherche, mais le niveau scientifique des projets. L'allocation des subventions est ainsi prioritairement faite aux programmes des laboratoires auxquels la Commission européenne a attribué le titre de « laboratoire d'excellence ». Aujourd'hui, la génomique et les biotechnologies, l'information et la communication, les microtechnologies et la robotique, l'environnement et la santé constituent les priorités de la recherche en Pologne. Le CNRS est un partenaire privilégié de ce pays puisque 250 projets de recherche environ (sur un total de 1 100) sont financés chaque année dans le cadre, soit du programme Polonium du ministère des Affaires étrangères français et du KBN, soit de l'accord PAN/CNRS.
La Pologne est bien évidemment, parmi les pays d'Europe centrale, le premier partenaire de l'organisme français. Ainsi 50 chercheurs associés, 70 post doctorants, 60 doctorants ont été présents dans des laboratoires du CNRS en 2002. Chaque année les chercheurs du CNRS effectuent environ 600 missions annuelles vers la Pologne. Et parmi les quelque 8 000 articles publiés chaque année par les chercheurs polonais, environ 350 sont copubliés avec des laboratoires du CNRS. Enfin, 8 actions structurantes, comme des jumelages de laboratoires, des laboratoires européens associés et des réseaux de recherche sont en cours avec l'ensemble des départements scientifiques. L'un de ces réseaux comprend également des équipes allemandes. Comme preuve de cette étroite collaboration scientifique entre les deux pays, un forum de présentation de la science et de la technologie polonaises s'est tenu à Paris les 15 et 16 septembre derniers. Et la manifestation a été inaugurée par les deux ministres de la Recherche polonais et français.
| EN CHIFFRES > 90 000 chercheurs. > 9 centres d'excellence de l'Union européenne : la Pologne se situe ainsi au premier rang des pays en voie d'adhésion. > Les dépenses actuelles de R & D : 0,66 % du PIB. Un objectif intermédiaire de 1,5 % est prévu pour 2006, avant d'atteindre 3 % en 2010. > Coopération scientifique avec plus de 50 pays étrangers. > Participation active aux programmes européens depuis le 5e programme-cadre de recherche et développement technologique (PCRDT). > Participation aux manifestations d'intérêt pour le 6e PCRDT : 6e place (à comparer avec la 4e place de la France). |
Baudoin Eschapasse
Anne d'Albis
Directrice adjointe des relations internationales Europe
anne.dalbis@cnrs-dir.fr
Jean Favero
Attaché pour la science et la technologie
Ambassade de France en Pologne
jean.favero@diplomatie.gouv.fr