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Cytomics Systems

Vers une dégadration contrôlée des protéines

Entre une mycose et un cancer du côlon, peu de points communs. Pourtant, ces maladies, comme bien d'autres, peuvent provenir d'une anomalie dans le même mécanisme cellulaire : la dégradation des protéines. La société Cytomics Systems s'est donc donné pour mission de découvrir et de développer des candidats-médicaments capables de réguler ce processus.


Tout commence par une rencontre, celle de deux spécialistes d'une famille d'enzymes, les ubiquitines ligases : Dominique Thomas, directeur de recherche au CNRS, connu pour ses travaux sur la levure, et Richard Benarous, directeur de recherche à l'Inserm. Leur collaboration s'est vite transformée en une formidable aventure scientifique, concrétisée en 2000 par la fondation de Cytomics avec l'aide du CNRS. La société présidée par Dominique Thomas et qui emploie à ce jour 12 salariés est d'ailleurs installée à Gif-sur-Yvette, dans des locaux loués par le CNRS. « L'identité et l'intégrité d'une cellule dépend des protéines qu'elle exprime à chaque instant, explique Erwan Martin, directeur général. Ainsi, le contrôle de leur dégradation est un processus essentiel de la vie cellulaire, qui passe principalement par la voie “ubiquitine protéasome” : la protéine à éliminer est sélectionnée et étiquetée par une enzyme, la fameuse ubiquitine ligase, puis conduite vers une sorte de poubelle, le protéasome. L'objectif de Cytomics est de découvrir des molécules capables de contrôler l'activité de ces enzymes, afin de combattre les graves pathologies liées aux dysfonctionnements du processus. » Jusqu'ici, les médicaments se contentaient de cibler le protéasome. Conséquence ? Des traitements efficaces, mais qui présentent des risques de toxicité importants. Pour identifier des molécules thérapeutiques plus spécifiques, l'équipe de Cytomics utilise une méthode inédite de criblage, objet d'un brevet déposé en 1999 par Dominique Thomas et fruit de ses travaux au CNRS. Le principe de cette technologie est de reproduire, dans des cellules de levure génétiquement modifiées, les mécanismes responsables de la dégradation des protéines présents dans les cellules humaines. Aujourd'hui, les travaux de la société se concentrent sur les infections fongiques et les maladies inflammatoires. Les premiers résultats sont attendus pour la fin 2004 et pourraient donner naissance à des traitements très ciblés. Du pain bénit pour les laboratoires pharmaceutiques qui ne manqueront pas alors de prendre le relais.


Matthieu Ravaud

Contact

Erwan Martin
emartin@cytomics.fr/
Tél. : 01 69 82 42 80


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