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EDITO

Le CNRS pour comprendre notre société

alain fuchs

© S. Godefroy/CNRS Photothèque

Alain Fuchs, Président du CNRS


En prenant mes fonctions à la présidence du CNRS, le 20 janvier dernier, j'ai d'abord mesuré l'honneur qui m'était accordé de diriger un des plus prestigieux organismes de recherche dans le monde, fort de ses seize Prix Nobel et neuf Médailles Fields. J'ai ensuite pris conscience de la mission qui m'incombait de continuer à faire cohabiter en harmonie et dans un souci d'interdisciplinarité des recherches aussi diverses et variées que les mathématiques, les sciences de l'Univers, la chimie, la physique et la physique nucléaire, l'informatique, l'ingénierie, les sciences humaines et sociales, la biologie, l'écologie et l'environnement. Toutes ces disciplines sont désormais organisées au sein de dix Instituts, point d'orgue de la récente réforme de notre organisme mise en place par mes prédécesseurs et que je vais conduire.
Tous les mois, ce magazine témoigne de la diversité et de la richesse des recherches menées au CNRS. La création de connaissances et l'innovation sont en effet les briques essentielles sur lesquelles repose le cœur de métier de notre organisme. Ce numéro n'échappe pas à la règle et fait ce mois-ci la part belle aux sciences humaines et sociales, si précieuses pour comprendre notre société et, à plus grande échelle, le monde dans lequel nous vivons.
En supplément tout d'abord, vous trouverez une enquête menée sur le thème du genre. Ce sujet me tient à cœur et je suis ravi que le CNRS s'associe au centenaire de la journée internationale de la femme par une série de manifestations, dont un colloque intitulé « Le 8 mars au CNRS : en quête des recherches sur le genre ».
Nées de la pensée féministe, les recherches sur le genre constituent à l'heure actuelle un champ scientifique transverse, riche et dynamique, largement ouvert sur les questions de société, en plein essor en France comme dans le monde. Malgré tout, sa visibilité reste faible en France. Pour y remédier, la Mission pour la place des femmes au CNRS vient de lancer un grand recensement national des recherches sur le genre et les femmes.
Parallèlement, l'établissement travaille activement pour inscrire le genre dans l'ensemble des axes de développement de l'organisme. Si les femmes sont bien représentées parmi les agents du CNRS, on note cependant des disparités en matière de recrutement et de promotion selon les disciplines et les branches d'activités professionnelles que n'expliquent pas uniquement l'histoire ou les viviers de recrutement. Le CNRS dispose actuellement des outils nécessaires à la compréhension de ces déséquilibres internes. Un plan d'actions va donc être mis en place dans les mois à venir pour les corriger. C'est un enjeu de société majeur que chaque Institut du CNRS doit intégrer dans ses priorités.
Au sommaire ce mois-ci également, une série d'articles décrypte nos interdits liés à la sexualité, à la famille, à la maladie et à la mort. Et ce au regard de ce qui se fait, ou ne se fait pas, ailleurs. Anthropologues, ethnologues et sociologues nous livrent un éclairage très instructif sur les fondements de notre société.
Ces deux enquêtes, sur le genre et sur les tabous, sont pour moi de très bonnes illustrations de la capacité du CNRS à conduire des expertises sur des sujets essentiels.
Le CNRS se doit d'être en phase avec la société, au-delà de sa tâche première qui est d'être un créateur de connaissances. Le citoyen fait confiance aux chercheurs et il est en attente de réponses concrètes sur des sujets cruciaux comme le climat, les ressources énergétiques ou l'avenir économique de notre pays. Au cours de mon mandat, je serai attentif à ce que nos laboratoires travaillent à répondre, voire à anticiper ces attentes.
C'est dans un climat de confiance et de sérénité, et avec l'ensemble des communautés scientifiques que le CNRS restera un acteur majeur de l'enseignement supérieur et de la recherche.


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