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Direction des affaires européennes

« Nous offrons aux laboratoires du temps et de l'argent »

Le souhait d'Izo Abram, directeur des affaires européennes du CNRS, pour 2010 ? Que les laboratoires se saisissent encore davantage des outils de collaboration internationale. Conçus par l'organismepour évoluer au rythme de la recherche, ils suivent les besoins nécessaires à la progression des partenariats engagés.

Le CNRS a mis en place des outils de coopération internationale. Pouvez-vous nous en dire plus ?
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© N. Tiget/CNRS Photothèque


Izo Abram :
Chaque année, 9 000 publications issues des laboratoires du CNRS, soit plus de 30 %, sont cosignées avec des partenaires européens. Cette collaboration transnationale est essentielle pour l'originalité et la qualité de la recherche. Le CNRS s'est donc engagé très tôt dans la promotion d'un réseau de compétences et de ressources à l'échelle européenne en développant des outils de collaboration que nous avons voulus progressifs et incitatifs. Il existe une palette de cinq outils1 qui vont de la simple convention d'échanges de chercheurs, pour une première prise de contact, à la création d'une unité mixte internationale, un engagement fort inscrit dans la durée analogue aux unités mixtes de recherche que nous avons avec les universités françaises. Ces outils sont assortis chaque fois d'une aide financière et structurelle importante qui fournit les moyens et le cadre nécessaires pour permettre à une collaboration spontanée de mûrir et fructifier. En 2009, nous avons eu quelque 130 projets d'échanges, 93 Pics, 34 LEA, 4 Umi et 51 GDRE avec des pays européens. Ces chiffres ne représentent qu'une petite fraction des relations spontanées que nouent nos chercheurs en Europe. Mais ces collaborations formalisées ont l'assurance de pouvoir se développer dans le temps grâce au soutien durable apporté par le CNRS. Cette notion de durabilité est essentielle à la vitalité de la recherche et à la construction d'un marché commun en Europe. Il ne faut pas oublier que l'avantage compétitif des États-Unis est précisément l'existence, pour la recherche, d'un vaste marché intérieur.

Les instruments du 7e programme cadre de la Commission européenne, visant à construire l'Espace européen de la recherche (EER), attirent de nombreux chercheurs. Comment les outils du CNRS s'inscrivent-ils dans ce marché commun de la recherche en Europe ?
I.A. :
Le CNRS est le premier organisme en Europe en terme de participation dans les projets communautaires qui, pour amorcer la construction de l'EER, soutiennent une collaboration pendant un temps limité : trois ou quatre ans. Or les outils du CNRS et leur caractère progressif offrent l'assurance d'une continuité dans la recherche. La recherche fondamentale représente un effort sur le long terme, surtout lorsqu'il s'agit de transformer des opportunités de partenariats en collaborations suivies. Il faut du temps, des mois, des années, pour qu'une confiance s'installe entre deux partenaires, qu'émerge ensuite un profil de compétences complémentaires qui ouvrira la porte à de nouvelles voies de recherche. Du temps pour revenir en arrière, parfois, et explorer d'autres pistes prometteuses.

Qui peut bénéficier de ces aides ? Comment ? Faut-il se prévaloir de partenaires ou de thématiques prioritaires ?
I.A. :
Tout chercheur ou enseignant-chercheur d'un laboratoire affilié au CNRS qui veut amorcer ou renforcer une collaboration avec un collègue à l'étranger, quelle que soit la thématique ou le pays, peut soumettre un projet qui sera évalué par l'Institut du CNRS concerné avant d'être financé. Pour les échanges de chercheurs avec certains pays ainsi que pour les Pics, des appels à propositions sont lancés chaque année. Pour les autres outils, les chercheurs doivent prendre contact avec le directeur adjoint scientifique en charge de leur thématique à l'institut scientifique de rattachement. Celui-ci évaluera le projet quant à sa qualité et sa pertinence par rapport à la stratégie scientifique de l'institut et conseillera le porteur sur la démarche à suivre. Dès que l'institut donne son feu vert, nous pouvons formaliser la collaboration avec l'institution étrangère et veiller à ses besoins, notamment dans le cadre de la protection de la propriété intellectuelle.

Propos recueillis par Séverine Lemaire-Duparcq

>> En savoir plus : Le CNRS et l'Europe, octobre 2008,
https://dri-dae.cnrs-dir.fr/IMG/pdf/CNRS_EUROPEfr_web.pdf

Notes :

1. Il s'agit des conventions d'échanges de chercheurs, des projets internationaux de coopérations scientifiques (Pics), des laboratoires européens/internationaux associés (LEA / LIA), des groupements de recherche européens ou internationaux (GDRE / GDRI) et des unités mixtes internationales (Umi).

Contact

Izo Abram,
Direction des affaires européennes du CNRS
izo.abram@cnrs-dir.fr


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