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PSA PEUGEOT CITROËN

Un partenariat qui roule

Environnement, efficacité énergétique, sécurité… les travaux menés en commun par PSA Peugeot Citroën et le CNRS battent leur plein. Entretien avec Marc Duval-Destin, directeur de la recherche et de l'ingénierie avancée du constructeur automobile.

Sur quelles thématiques PSA Peugeot Citröen et le CNRS collaborent-ils ?
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© M. Dupont Sagorin


Marc Duval-Destin :
Nous effectuons des recherches avec une dizaine de laboratoires associés au CNRS pour diminuer les émissions polluantes, réduire la consommation de carburant et améliorer la sécurité de nos véhicules. Concernant la préservation de l'environnement, cela se traduit par des travaux sur des techniques complexes de dépollution telle la catalyse par systèmes de NOx1, sur les piles à combustible, l'adaptation des moteurs aux biocarburants… Plusieurs équipes conduisent également des projets pour améliorer l'efficacité de la combustion et la tenue mécanique des matériaux utilisés, pour réduire les pertes d'énergie par frottement, sur l'aérodynamique… Enfin, dans l'optique de rendre nos véhicules toujours plus sûrs, certains laboratoires développent des outils de réalité virtuelle afin d'analyser les comportements du conducteur, des systèmes permettant de corriger la trajectoire du véhicule type ESP2, l'aide à la conduite par traitement d'images extraites de caméras embarquées, des logiciels de simulation de chocs, etc. Les thématiques sont nombreuses, passionnantes et très variées : il faudrait plusieurs heures pour en faire le tour !

Ces projets communs ont-ils débouché sur la commercialisation d'innovations ?
M.D-D. :
Certains travaux issus de ce partenariat ont abouti au développement d'applications très concrètes qui équipent aujourd'hui nos voitures. Je pense notamment à des innovations nous ayant permis de satisfaire à la norme Euro 5, entrée en vigueur en septembre 2009, qui fixe de nouvelles limites maximales de rejets polluants pour les véhicules roulants. Notre collaboration avec le CNRS a, par exemple, contribué à la mise au point de moteurs Diesel adaptés à cette norme, à faire évoluer nos système de dépollution des gaz d'échappement et à rendre nos moteurs compatibles avec les biocarburants de première génération. Et parmi nos recherches communes menées sur les trois dernières années, certaines nous permettront très probablement de développer des solutions pour être en règle avec la norme Euro 6 prévue pour 2014.

Quelles formes prennent les échanges entre les deux parties ?
M.D-D. :
Nous lançons une vingtaine de nouveaux projets de recherche avec des laboratoires chaque année. La plupart prennent la forme de financements de thèses, en majeure partie en partenariat avec le CNRS. Ainsi, à l'heure actuelle, une soixantaine d'études sont en cours. Pour PSA, cela représente un budget engagé de près de deux millions d'euros, soit environ 500 000 à 700 000 euros annuels. Les relations entre le CNRS et PSA sont régies par un accord-cadre de collaboration qui vient d'être renouvelé pour une période de cinq ans. Il encadre notamment les questions de propriété intellectuelle : un point très important dans l'optique de transférer certains résultats du laboratoire à la route. Ainsi, depuis 2006, nous avons déposé pas moins de 18 brevets ensemble ! Les domaines couverts vont des membranes de piles à combustible en passant par la catalyse, les systèmes d'anticipation sur les boîtes de vitesses, les suspensions antivibrations…

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© © PSA PEUGEOT CITROËN

La réalité virtuelle fait partie des travaux de pointe menés par le CNRS et le groupe PSA Peugeot Citroën. Dans cette salle, on simule le travail sur une chaîne de montage.



Comment sélectionnez-vous les laboratoires avec lesquels vous travaillez ?
M.D-D. :
Pour chacun de nos appels d'offres, les laboratoires académiques susceptibles de répondre à notre demande sont mis en concurrence. Ils peuvent être Français (CNRS, CEA, universités) ou d'autres pays européens. Nous sélectionnons ceux qui présentent les moyens et les connaissances les plus appropriés pour mener à bien des thèmes valorisables par PSA. À ce jour, nos travaux conduits avec des partenaires de la recherche publique en Europe représentent un investissement d'une dizaine de millions d'euros, dont les trois quarts sur l'Hexagone.

Que vous apportent ces partenariats ?
M.D-D. :
Ces échanges sont indispensables car nous n'avons pas, en interne, les outils et les compétences requises pour certaines thématiques parfois très pointues. Nous allons donc les trouver auprès de la recherche publique française et européenne dont le niveau est très élevé. Pour preuve, le recrutement au poste de directeur scientifique chez PSA se fait prioritairement parmi des candidats provenant du CNRS. Pour ma part, je suis très sensible à l'intérêt de confronter la culture du CNRS avec nos modes de pensée. Et je garde un souvenir vif et agréable de mon passage au Centre de physique théorique de Marseille3, lorsque je présentais ma thèse sur la modélisation du système visuel humain !

Propos recueillis par Jean-Philippe Braly

PSA Peugeot citroën en chiffres
Le constructeur représente 5 % du marché automobile mondial et 13,8 % du marché européen. Le groupe emploie plus de 200 000 collaborateurs à travers le monde dont plus de 18 000 ingénieurs et techniciens répartis dans 4 centres d'études. En 2008, son chiffre d'affaires a atteint 54,356 milliards d'euros.

 

Notes :

1. Systèmes de réduction des émissions d'oxydes d'azotes.
2. Electronic Stability Program. Équipement de sécurité active destiné à améliorer le contrôle de la trajectoire d'un véhicule automobile en agissant sur le système de freinage et sur le couple moteur.
3. Centre CNRS / Universités Aix-Marseille-I et -II / Université de Toulon.

Contact

Marc Duval-Destin,
PSA Peugeot Citroën
marc.duval-destin@mpsa.com


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