Archéologie
Passer les fouilles au scanner
Grâce à Archeoscan, les relevés de terrain sur les chantiers archéologiques deviennent beaucoup plus rapides et efficaces. Mis en œuvre par le Laboratoire de géographie physique et environnementale (Geolab)
1 et Veodis-3D, entreprise innovante créée début 2009 par Stéphane Petit, ancien doctorant au Geolab, le dispositif comprend deux appareils à faisceau laser. Le principe est simple : on dirige le laser vers un objet dont on souhaite acquérir toutes les caractéristiques de dimension. Et le temps de parcours du faisceau laser jusqu'à un point de sa surface permet de calculer la distance précise à ce point. Il n'y a plus qu'à balayer toute la surface pour obtenir les données permettant de la reconstituer point par point. Balayage justement automatique avec les appareils en question, dits lasers-scanners 3D.

© F. Surmely
Un des deux laser-scanners 3D du dispositif Archeoscan capable d'enregistrer des millions de points en quelques minutes.
«
L'intérêt est immense par rapport au théodolite, commente Frédéric Surmely, chercheur au Geolab,
car cet instrument d'optique, traditionnellement utilisé en archéologie, ne permet que le relevé de 500 points par jour. Tandis que les lasers-scanners peuvent enregistrer plusieurs millions de points en quelques minutes avec une précision de quelques millimètres ! » Cette technologie, pourtant utilisée depuis plus de dix ans pour reconstituer virtuellement des monuments ou des grottes, n'avait pas encore été utilisée sur les sites de fouilles. «
Il faut noter que dans ces cas-là, nous ne disposons que d'un temps d'accès limité sur le terrain, au contraire d'un monument classique », reprend Frédéric Surmely, qui a testé Archeoscan dans le Massif central en juillet dernier dans le cadre d'un programme de recherches. «
Il faut donc parfois composer avec des conditions météo qui deviennent subitement mauvaises. » Sans parler des découvertes surprises, en même temps que l'on creuse, et qui réclament des relevés rapides à chaque étape, même si on se trouve coincé au fond d'une tranchée ! Veodis-3D et le Geolab ont donc développé conjointement une méthode afin d'adapter cette technique laser à l'archéologie. Utilisation de nacelles, de plateaux tournants, autant d'astuces et de méthodologies mises au point pour faire face à toutes les situations. «
Au Geolab, nous sommes aussi en train de développer un logiciel d'analyse de formes automatisée, à partir des données relevées avec Archeoscan », achève l'archéologue. Il permettra par exemple de comparer des séries d'outils, d'obtenir instantanément leurs caractéristiques, de connaître le rapport entre la longueur, la largeur et le volume d'une lame en silex, etc. «
Repérer en un clin d'œil un objet qui sortirait du lot sera un gain de temps très appréciable pour toutes les recherches en archéologie », conclut-il.
Charline Zeitoun
Notes :
1. Unité CNRS / Université Clermont-Ferrand-II / Université de Limoges.