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Projets européens

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Monter un projet scientifique à l'échelle européenne n'a souvent rien d'une sinécure. Les ingénieurs projet européen (IPE) du CNRS sont là pour aider les chercheurs à se lancer dans cette aventure.

Vous souhaitez diriger un projet de recherche avec des partenaires européens et décrocher un contrat de la Commission européenne pour assurer son financement ? Malgré votre détermination, vous vous sentez parfois découragé devant les contraintes administratives imposées par Bruxelles ? Bénéficiez du soutien d'un ingénieur projet européen (IPE) de la Direction des affaires européennes (DAE) du CNRS. Mis en place au CNRS en 2003, et pour la première fois en Europe, lors du lancement du sixième programme-cadre de recherche et développement (PCRD), les IPE ont su en quelques années se faire une place dans la communauté scientifique en France et en Europe. Le besoin était net. Si les appels à propositions offrent chaque année plusieurs millions d'euros, seul un projet sur dix est retenu après évaluation par un comité de pairs. La compétition est rude, même pour le CNRS qui demeure pourtant le premier participant aux programmes communautaires, avec 884 contrats signés pour le sixième programme-cadre et bientôt 300 pour le septième qui a débuté en 2007.
La Commission exige de chaque candidature, outre un descriptif pertinent des recherches, « des informations précises en terme de montage financier, de management des équipes européennes engagées, de valorisation (applications, transferts de technologies) ainsi qu'une évaluation étayée de l'impact socioéconomique des recherches sur la société européenne », explique Monica Dietl, responsable du Bureau de Bruxelles de la DAE en charge de la coordination de ces IPE. Un travail qui exige du coordinateur scientifique du projet une légitimité parmi ses pairs, un engagement personnel « sur plusieurs mois voire plusieurs années » et des compétences qui dépassent largement le cadre de ses recherches. Malgré l'appui des services de partenariat et valorisation des délégations régionales de l'établissement, les dossiers montés en hâte peuvent être écartés par un processus d'évaluation devenu très sélectif. D'où l'idée du CNRS de recruter et de former des ingénieurs qui soient le trait d'union entre les chercheurs, les services du CNRS, les institutions partenaires et, parfois, les chargés d'affaires de la Commission européenne. Des IPE qui assurent le montage et le lancement des dossiers, sans pour autant intervenir dans le cœur scientifique du projet.
Un pool de neuf IPE est aujourd'hui en poste dans les délégations régionales du CNRS. Recrutés pour trois ans, ces ingénieurs sont placés auprès du coordinateur scientifique du projet, sous l'autorité de la DAE. Ils suivent un portefeuille de trois à cinq projets, traquent l'information la plus récente et la plus juste, rédigent en binôme avec le coordinateur les parties non-scientifiques du dossier et montent ensemble le budget.
« Les IPE sont en charge de grands projets européens portés par le CNRS, des consortiums de recherche pouvant réunir jusqu'à trente partenaires européens. » Malgré leur « jeunesse » – ils ont entre 25 et 35 ans –, les IPE sont de véritables « spécialistes des programmes communautaires ». Diplômés de Science-Po, juristes ou spécialistes en management de projets, rarement scientifiques, ils ont sillonné l'Europe et ses instituts avant de frapper aux portes du CNRS. Mar Roig-Ripoll, d'origine espagnole, recrutée en juin 2008, est actuellement, à 25 ans, la benjamine du groupe. Elle a ainsi passé deux ans au Collège d'Europe1 dans le cadre d'un échange Erasmus, un an dans une université anglaise, un an au Portugal en première année de master, sept mois en stage à la délégation catalane de la Commission européenne à Bruxelles et une sixième année en Pologne. « Multilingue catalan, espagnol, français, anglais et portugais », Mar se dit également très « à l'aise en Italien, polonais et russe ». La jeune IPE gère avec professionnalisme le montage d'un projet de recherche « confidentiel » dans le domaine de la santé, évalué à douze millions d'euros. Si le projet est lancé et si son coordinateur le souhaite, un European project manager2 du CNRS pourra prendre la suite de l'IPE pour assurer le suivi des actions jusqu'à échéance du contrat de recherche, soit un maximum de six ans. Voilà de quoi rassurer les scientifiques les plus frileux à se lancer dans l'aventure européenne.

Séverine Lemaire-Duparcq

Notes :

1. Le Collège d'Europe est un institut universitaire de formation spécialisé dans les études européennes. Il est basé à Bruges et Varsovie.
2. Manager de projet européen.

Contact

Monica Dietl,
Bureau du CNRS à Bruxelles
monica.dietl@cnrs-dir.fr


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