Des nanos pour stocker l'énergie

© F. Warmont/CNRS Photothèque
Les nanocornets, des structures en forme de dahlia, promettent d'être de bons candidats pour le stockage de l'hydrogène.
La solution absolue contre la pollution automobile, la pile à combustible (PAC) utilisant de l'hydrogène pur, donc ne générant aucun rejet, finira-t-elle par voir le jour en partie grâce aux nanotechnologies ? Les chercheurs ont de quoi se frotter les mains s'agissant, entre autres, de la manière de stocker le gaz qui prétend à la succession des énergies fossiles. Le recours à des matériaux poreux représente sans aucun doute la solution la plus fiable et la plus économique. Cela permettrait d'une part de confiner l'hydrogène, d'autre part de le relarguer facilement pour qu'il se combine avec l'oxygène de l'air, phénomène indispensable à la production d'électricité alimentant le moteur fonctionnant avec la PAC. Parmi ces matériaux, les nanoformes de carbone (c'est-à-dire toutes les structures de carbone), «
du fait de leur faible masse et de leur grande capacité d'adsorption, s'avèrent de très sérieux candidats, dit Marie-Louise Saboungi, directrice du Centre de recherche sur la matière divisée (CRMD)
1.
En ce moment, les travaux se concentrent sur les nanocornets de carbone découverts dans les années 1990. Il s'agit de matériaux de deux à trois nanomètres de longueur qui s'agrègent pour former des structures en forme de dahlia de 80 à 100 nanomètres de diamètre. Ils présentent des interactions avec l'hydrogène beaucoup plus fortes que les nanotubes de carbone. Ces minuscules cornets piègent donc plus facilement l'hydrogène que leurs cousins ». Et ce n'est pas tout. Alors que les nanotubes de carbone exigent d'être stockés à des températures basses (inférieures à – 200 °C), les nanocornets retiennent la plupart de l'hydrogène adsorbé jusqu'à des températures de l'ordre de 20 °C. Problème : leur coût de fabrication relativement élevé à ce jour…
Notes :
1. Unité CNRS / Université d'Orléans.