Nouvelle molécule contre le VIH
Une molécule pourrait faire progresser les futures thérapies anti-sida. Développée par des chercheurs de deux universités et de trois organismes
1, elle est capable de bloquer l'entrée du virus du sida (VIH) dans les cellules. Jusqu'à présent, la plupart des traitements disponibles empêchent la réplication du virus dans l'organisme, sans l'éradiquer, et en occasionnant de lourds effets secondaires. La nouvelle stratégie des chercheurs, dont les travaux ont été récemment mis en ligne dans la revue Nature Chemical Biology, permet donc d'agir plus en amont. Elle consiste en l'alliance d'un mime de la molécule CD4, récepteur cellulaire reconnu par le VIH, et d'une molécule d'héparane sulfate, un sucre complexe présent à la surface des cellules. Ce composé, appelé CD4-HS, a été synthétisé. Il inhibe l'entrée virale. Sur des cellules en culture, son activité est très élevée. Prochaine étape : les tests in vivo.
1. Il s'agit du CNRS, du CEA, de l'Institut Pasteur, de l'université Joseph Fourier et de l'université Paris-Sud-XI. >
www.cnrs.fr/presse/communique/1666.htm
Une mandibule très parlanteUne partie de mandibule humaine, appartenant à un jeune individu et estimée 1 à 500 000 ans environ, a été récemment découverte dans la carrière Thomas
1, à Casablanca, par une équipe franco-marocaine
2 d'archéologues codirigée par Jean-Paul Raynal, du laboratoire « De la Préhistoire à l'actuel : culture, environnement et anthropologie » (Pacea)
3. Ce sont les seuls restes d'enfant de cette période trouvés au Maghreb. En 1969, la carrière avait déjà livré la moitié d'une mandibule, puis des dents, et, en 2008, une mandibule complète d'adulte, des fragments crâniens et des vertèbres. Vu la morphologie de l'ensemble de ces fossiles, les chercheurs les attribuent à
Homo rhodesiensis, immédiatement antérieur à
Homo sapiens, l'homme moderne.
Ces découvertes poussent donc à revoir l'ancienneté de rhodesiensis, jusqu'alors évaluée à 300 000 ans environ. Et elles indiquent l'existence d'une population de ce type précis d'
Homo clairement établie dans la région il y a un demi million d'années. Le site marocain se révèle aussi fondamental pour évaluer l'éventuelle contribution des hominidés nord-africains aux premiers peuplements d'Europe du Sud. Enfin, il s'agit du plus ancien témoignage de ces humains déjà tout proches de devenir des hommes modernes.
> Contact : J.-P. Raynal, jpraynal@wanadoo.fr
1. Elle a été trouvée dans le même niveau sédimentaire et à proximité d'une dent datée par résonance de spin électronique.
2. Avec l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine.
3. Laboratoire CNRS / Université Bordeaux-I / Ministère de la Culture et de la Communication.