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Une pomme de terre dans votre moteur

Devinette : qu'est ce qui peut faire avancer votre voiture, ne produit pas de gaz à effet de serre et améliore l'économie de tout un secteur ? Réponse : les biocarburants, ces combustibles issus des produits de l'agriculture comme la betterave, les céréales ou la pomme de terre.
La quantité de CO2 que produit leur combustion est identique à celle absorbée par les plantes.
De plus, ils ont la capacité de booster l'agriculture. « Il faut revenir à une agriculture dont les produits sont tout autant destinés à l'alimentation qu'à l'industrie et à l'énergie. », déclare Gérard Goma, responsable scientifique du programme de recherche sur les éthanols.
Il existe deux grands types de biocarburants : les esters, utilisés dans les moteurs Diesel, et l'éthanol, alcool extrait de la fermentation du sucre ou de l'amidon. Ce dernier, qui peut être utilisé comme additif de l'essence, dispose de certains atouts : on en produit beaucoup pour un hectare cultivé et cette technologie est déjà bien maîtrisée. Les recherches du programme Énergie du CNRS se concentrent donc sur lui, tout en essayant de trouver de nouvelles filières.
Son utilisation comme carburant n'est pas nouvelle. Au Brésil, par exemple, une grande partie du parc automobile fonctionne avec de l'éthanol extrait de la canne à sucre. Alors, que peut-on améliorer ? Les levures qui le produisent meurent au-delà d'un certain taux d'alcool. Les équipes du CNRS cherchent à les rendre plus résistantes et plus productives. Pour cela, ils étudient leur métabolisme et l'expression de leurs gènes. Les chercheurs essaient aussi de minimiser la production de sous-produits toxiques pour les levures comme le glycérol. Leurs travaux ont déjà permis d'obtenir des souches qui fabriquent de l'alcool à 20 % en 50 heures, une des meilleures productivités du monde ! D'autres équipes cherchent à fabriquer des réacteurs où les levures seraient plus performantes et à développer des logiciels de simulation des réactions afin de passer du laboratoire à la production industrielle. Le programme s'intéresse aussi à ce que seront les autres biocarburants du futur…
« Nous nous plaçons dans l'optique d'une concurrence très dure avec le pétrole.
Notre obsession est donc de trouver de nouveaux biocarburants et de faire baisser le coût de ceux qui existent déjà en améliorant les procédés de production », conclut Gérard Goma.
Sebastián Escalón

 

Contact

Gérard Goma,
Laboratoire des sciences appliquées de Toulouse
goma@insa-tlse.fr


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