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Magsalia : à la recherche des trésors enfouis

Voir » à travers les entrailles du sol et jusque dans les fonds marins : cette prouesse digne des récits de Jules Verne est maintenant réalité ! Le procédé Magsalia, développé par un mathématicien, permet en effet de détecter précisément des objets enfouis ou immergés jusqu'à 200 mètres de profondeur. En marge des techniques précédentes, comme le Sonar, fondé sur les ultrasons, cette innovation, protégée par un brevet, utilise le magnétisme.
« Au-dessus d'un objet enfoui, le champ magnétique terrestre varie : le mesurer fait apparaître des anomalies sous forme de taches. Grâce au calcul différentiel que j'ai développé, et que j'exploite de manière informatique, Magsalia met au net cette image floue exactement comme un verre de lunette corrige la vision », explique l'inventeur, Bruno Wirtz, du laboratoire de mathématiques de Brest1. En outre, Magsalia peut livrer des informations sur la masse de l'objet, car ce paramètre apparaît dans les lois physiques qui décrivent le champ magnétique.
Après des premiers tests concluants en 2001, l'inventeur détecte l'année suivante, à 2 mètres de profondeur, un four à sel du VIIe siècle av. J.-C., ce qui sera confirmé par des fouilles en 2004. En août dernier, il calcule, à 2 mètres près, la position d'épaves dans les fonds marins tropicaux du sud-est asiatique dans le cadre d'un contrat de consulting avec la DRSM (Détection et recherche sous-marine). À présent, il veut partir à la recherche de la Cordelière, navire amiral d'Anne de Bretagne, coulé en 1512 dans le goulet de Brest. En 2006, Bruno Wirtz reçoit le trophée de l'innovation de la Région Bretagne, juste après avoir déposé un brevet au nom de l'université de Brest, avec l'aide des services de valorisation de son université et de Bretagne Valorisation.
Si Magsalia foisonne d'évidentes applications en archéologie, « il peut aussi servir à détecter les mines antipersonnel, or je ne tiens pas à ce que leurs fabricants sachent comment elles peuvent être repérées », insiste-t-il. « Couplé à d'autres instruments de mesures physiques, comme un Sonar ou un Lidar qui utilise un faisceau laser, ce procédé peut aussi rendre compte des microreliefs d'un terrain et des lieux de circulation de l'eau à faible profondeur. Cela permettrait par exemple de déterminer des zones où il conviendrait de limiter l'épandage d'engrais. » Enfin, comme les techniques d'imagerie médicale sont aussi fondées sur l'enregistrement de grandeurs physiques, Magsalia pourrait à l'avenir améliorer la détection des cancers… Et même, plus inattendu encore, contribuer un jour à la recherche d'exoplanètes.

Aude Olivier

Notes :

1. Laboratoire CNRS / Université de Brest.

Contact

Bruno Wirtz,
Laboratoire de mathématiques, Brest
bruno.wirtz@univ-brest.fr


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