
Recherche européenne

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Autre fait marquant sous la présidence française : le lancement de la programmation conjointe proposée par la Commission européenne…
I.A. : C'est une idée tout à fait intéressante. Jusqu'à présent, la recherche coordonnée en Europe ne représentait qu'une petite fraction du total. Plus de 85 % du budget de la recherche provenait de financements exclusivement nationaux. La plus grande part de la recherche en Europe était donc basée sur une programmation nationale, souvent indépendante, sans aucune concertation. La programmation conjointe a été initiée pour établir un dialogue entre les pays membres et définir des stratégies concertées autour des grands défis actuels de la société. L'orientation de la recherche en Europe était jusqu'à présent déterminée soit par les besoins de l'industrie via le volet « coopération » des programmes-cadres, soit par les chercheurs à travers le Conseil européen de la recherche. Ce sont désormais également les grands enjeux sociétaux qui vont guider l'avenir de l'EER. Le vieillissement, la sécurité alimentaire, l'énergie ou l'économie numérique sont aujourd'hui quatre thématiques qui pourraient servir de pilotes.
Quel rôle le CNRS a-t-il joué ces six derniers mois ?
I.A. : Le CNRS a été très présent. Il a participé avec les autres acteurs de la recherche française au groupe de travail sur lequel le ministère s'est appuyé pour élaborer ses propositions au Conseil « compétitivité » et il a été fortement impliqué dans l'organisation de plusieurs événements cet automne : la conférence marquant la première année de fonctionnement de l'ERC et présentant les premiers lauréats de l'appel « jeunes chercheurs » au Collège de France, celle de Versailles sur les grandes infrastructures de recherche ainsi que trois événements plus proches du grand public, comme les Rencontres européennes CNRS-Jeunes « Sciences et citoyens » à Poitiers, la Ville européenne des sciences au Grand Palais et enfin la conférence « Sciences en Société : dialogues et responsabilité scientifique » également à Paris. Le CNRS a aussi contribué à l'organisation d'un séminaire sur les partenariats public-privé2 et monté, avec son homologue tchèque, le Czelo, et le Stoa (Science and Technology Options Assessment3) un atelier consacré à l'évaluation et à l'étude d'impact des programmes cadres de recherche.
La République tchèque vient de succéder à la France. Les présidences se suivent, mais qu'en est-il des politiques stratégiques ?
I.A. : La politique européenne est élaborée désormais par les trois pays qui président successivement l'Union et œuvrent tour à tour pour la conception, la mise en place puis la mise en œuvre d'une politique adoptée par les ministres de la Recherche des vingt-sept pays de UE, au Conseil de compétitivité. Ainsi, la présidence de la France est indissociable de celle de la République tchèque qui vient de démarrer et de celle de la Suède qui prendra le relais le 1er juillet prochain. La République tchèque a aujourd'hui pour mission de rédiger la feuille de route de la Vision 2020 adoptée par l'Europe, tandis qu'il reviendra à la Suède d'en assurer la mise en place.
Propos recueillis par Séverine Lemaire-Duparcq
1. Association d'organismes de recherche européens dont le CNRS fait partie.
2. Via le Club des organismes de recherche associés (Clora).
3. Organe scientifique et technologique du Parlement européen.
Izo Abram
Direction des affaires européennes du CNRS, Paris
izo.abram@cnrs-dir.fr