
Pôles de compétitivité
© E. Perrin/CNRS Photothèque Unique en Europe, le robot « Tecan », du laboratoire Sysdiag, permet d'obtenir des cellules immortelles sécrétant des anticorps capables de « reconnaître » certaines maladies.
Un antipaludique prometteur
De nombreux laboratoires du CNRS sont impliqués dans les projets labellisés par le pôle. « Dans le cadre d'un projet porté par Sanofi-Aventis, nous concevons un nouveau type de médicament antipaludique administrable par voie orale. Une première formulation est déjà testée sur des volontaires impaludés au Burkina Faso », indique par exemple Henri Vial, du laboratoire « Dynamique des interactions membranaires normales et pathologiques »1, à Montpellier. Un projet qui s'insère dans un tissu industriel et académique compétent sur de nombreuses maladies infectieuses et tropicales. Outre Sanofi-Aventis et le laboratoire de Henri Vial, les deux régions comptent en effet des acteurs très investis sur ces maladies, telles les sociétés Idenix ou BVT-Virbac, des instituts de recherche publique (CNRS, Inserm, IRD), plusieurs universités et l'Institut de médecine tropicale du service de santé des armées. Un réseau thématique de recherche et de soins, baptisé Infectiopôle Sud, qui regroupe plusieurs de ces acteurs, a même été créé en 2007. Le CNRS est aussi partie prenante dans d'autres projets, dont un sur le traitement des infections par Flavivirus, telle la dengue ou la fièvre jaune.
Mais Eurobiomed sort aussi de ses frontières pour coopérer avec d'autres pôles. « En partenariat avec Lyonbiopôle2, nous allons créer un réseau de recherche en infectiologie pour les pathologies émergentes en Chine », annonce ainsi Christian Devaux, directeur du Centre d'étude d'agents pathogènes et biotechnologie pour la santé (CPBS)3. Eurobiomed affiche donc une stratégie résolument tournée vers l'international. « Nous commençons aussi à travailler avec des chercheurs en Israël, en Inde, au Japon, aux États-Unis, au Québec et bien sûr en Europe, notamment du Sud », ajoute Alain Yvorra.
© L. Lopez/IBDML À l'IBDML, des chercheurs testent des molécules pour traiter la lésion de la moelle épinière. Sur l'écran : images de la moelle épinière d'une souris.
Alzheimer pour cible
Autre objectif : la lutte contre les maladies liées au vieillissement, le handicap et les pathologies neurologiques. Le laboratoire « Modélisation et ingénierie des systèmes complexes pour le diagnostic » (Sysdiag) 4, basé à Montpellier, participe ainsi à un projet d'envergure sur la maladie d'Alzheimer porté par Sanofi-Aventis et labellisé par Eurobiomed et le pôle de compétitivité francilien Medicen, consacré à l'innovation thérapeutique. « Un des objectifs est d'identifier des biomarqueurs permettant de diagnostiquer la maladie avec fiabilité, ce qui n'est pas possible à l'heure actuelle », précise Franck Molina, chercheur dans cette unité. « Dans ce projet qui devrait être financé à hauteur de cinq millions d'euros, nous cherchons aussi de nouvelles cibles sur lesquelles pourraient agir les médicaments du futur », ajoute Joël Bockaert, directeur de l'Institut de génomique fonctionnelle (IGF)5. Un autre projet, baptisé Microstroke, retient l'attention. « Il vise à comprendre le rôle des microglies, des cellules immunitaires du système nerveux, lors de la survenue d'une ischémie cérébrale, un accident vasculaire pouvant entraîner des troubles de la mémoire et une paralysie », explique François Rassendren, chercheur à l'IGF. Là encore, la création du pôle a pu se faire grâce à la crédibilité de ces acteurs dans le domaine de la neurologie, qui compte également des sociétés telles Neuréva ou Pharmaxon. D'autres laboratoires du CNRS sont impliqués dans ce domaine. Ainsi, l'Institut des biomolécules Max Mousseron (IBMM)6 et l'Institut de biologie du développement de Marseille Luminy (IBDML)7 participent conjointement à un projet pour le traitement de la lésion traumatique de la moelle épinière. Et, à l'instar du réseau Infectiopôle Sud, un Neuropôle est à l'étude.
Traiter les cancers rares et agressifs

© D. Jean/SysDiag
Une technicienne recherche les meilleures sondes pour diagnostiquer avec fiabilité des pathologies complexes comme le cancer colorectal.
Jean-Philippe Braly
>> À voir : www.orpheme.org
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Le pôle en chiffres |
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De jeunes pousses prometteuses |
1, 3, 6, 9. Laboratoire CNRS / Universités Montpellier-I et II.
2. Lire Le journal du CNRS, n° 203, pp. 14-15.
4. Laboratoire CNRS / Bio-Rad.
5. Institut CNRS / Inserm / CHU Montpellier / Universités Montpellier-I et II.
7. Institut CNRS / Université Aix-Marseille-II.
8. Institut CNRS / Université de Nice.
Alain Yvorra,
alain.yvorra@orpheme.org
Henri Vial,
vial@univ-montp2.fr
Christian Devaux,
christian.devaux@univ-montp1.fr
Franck Molina,
franck.molina@sysdiag.cnrs.fr
Joël Bockaert,
joel.bockaert@igf.cnrs.fr
François Rassendren,
francois.rassendren@igh.cnrs.fr
Jean-Marie Blanchard,
jean-marie.blanchard@igmm.cnrs.fr