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ÉDITO

Un CNRS renouvelé

édito bis

© C. Lebedinsky/CNRS Photothèque




L'année 2008 fut pour notre organisme très riche en évènements tant sur le plan scientifique que sur celui de la réforme de son organisation.
Au plan scientifique, cœur même de notre métier, l'année 2008 fut couronnée de succès. Nous adressons nos plus vives félicitations aux chercheurs CNRS qui se sont vus distingués par des prix internationaux. Saluons parmi eux Joseph Sifakis, premier Français à se voir décerner le prix Turing, l'équivalent du prix Nobel en informatique, Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi, chercheur à l'Inserm, qui ont reçu conjointement le prix Nobel de médecine pour leur découverte du virus du sida il y a vingt-cinq ans, et le géologue Claude Lorius, Médaille d'or du CNRS en 2002 et premier lauréat français du « Blue planet Prize ». Le prix de la femme scientifique de l'année est revenu à la paléontologue Brigitte Senut. L'éminent généticien Jean Weissenbach a reçu la médaille d'or du CNRS. Enfin seize chercheurs du CNRS ont été lauréats du premier appel à projets « chercheurs confirmés » lancé par le Conseil européen de la recherche (ERC). Nous nous félicitons de voir le CNRS arriver en tête des institutions européennes par le nombre de lauréats, avec plus de 21 % de taux de réussite contre une moyenne de 13 % pour l'ensemble des acteurs européens.

Avec plus de 25 000 publications, 282 brevets et 41 créations de « start-up » en une année, les découvertes réalisées dans les laboratoires affiliés au CNRS ont été impressionnantes. L'identification d'une protéine bloquant le virus de l'hépatite C, la mise au point de caoutchouc aux propriétés auto-cicatrisantes ou encore, concernant l'historique de l'évolution du climat, la mise en évidence d'un basculement climatique extrêmement brutal à la fin de la dernière période glaciaire illustrent ce dynamisme. Fidèle à ses missions, le CNRS a fortement investi en 2008 dans les équipements d'intérêt général : dans un supercalculateur cumulant deux cent sept téraflops de puissance de calcul et opérationnel quelques mois seulement après son achat, dans la détection des phénomènes extrêmes (rayons gamma, neutrinos superénergétiques, astroparticules, ondes gravitationnelles), domaine où le CNRS, avec ses instituts IN2P3 et INSU, alliant recherche fondamentale et technologie de pointe, est leader mondial, dans le synchrotron Soleil pour la détermination de la structure des molécules, ou dans la numérisation à grande échelle des ouvrages pour les sciences humaines et sociales. Enfin le CNRS a intensifié son action à l'international, par une politique structurante de jumelage de laboratoires français et étrangers ou encore par la création de laboratoires conjoints avec des universités étrangères. C'est ainsi que nous avons amplifié notre partenariat avec le Japon dans le domaine de la robotique.

L'année 2008 fut aussi celle de la refonte de l'organisation du CNRS, conformément aux grandes orientations données par l'État. Avec des universités autonomes localisées sur campus, le CNRS se repositionne sur son rôle national avec une structuration en réseaux : réseaux thématiques, réseaux de laboratoires. Il redéfinit son périmètre de recherche avec les organismes tels que le CEA, l'Inserm, l'Inra, l'Inria… La création des deux agences : ANR (agence de financement sur projets) et AERES (agence d'évaluation des laboratoires, des organismes et établissements de recherche), permet au CNRS de clarifier son rôle stratégique, sa politique de financement de structures d'excellence et son rôle dans l'investissement structurant. Le conseil d'administration a approuvé le 27 novembre dernier les outils nécessaires à cette évolution. La transformation des départements actuels en neuf instituts, pouvant être étendus à dix, permet de couvrir l'ensemble des champs de recherche de l'organisme : chimie, écologie et environnement, physique, physique nucléaire et physique des particules, sciences biologiques, sciences humaines et sociales, sciences mathématiques et leurs interactions, sciences et technologies de l'information et de l'ingénierie, sciences de l'Univers. Ces instituts disposent de la double fonction d'agence de moyens et d'opérateur de recherche. Ils pourront se voir confier des missions nationales de coordination par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Trois pôles placés auprès de la direction générale assureront l'interaction entre les différents instituts pour construire des approches interdisciplinaires essentielles afin de répondre aux grands défis de la connaissance et aux questions que nous adresse la société. Il s'agit d'« Origine et maîtrise de la matière, nanosciences et nanotechnologies » ; de « Le développement durable au service de l'Homme » et de « La société en réseau ».

L'année 2009 verra la mise en œuvre de ces orientations stratégiques sur le terrain. Au moment où les Universités accèdent à l'autonomie, il est ainsi essentiel que l'action du CNRS les amène au centre du dispositif de la recherche publique. Faire confiance aux universités autonomes, et aux nouveaux campus, c'est faire confiance au CNRS dans sa capacité de développer une recherche de qualité à travers son action renouvelée. Le CNRS ne se désengagera pas des unités mixtes de recherche (UMR) lorsqu'elles sont excellentes, tissu indispensable pour une stratégie de recherche commune avec les universités ; il en simplifiera la gestion, conformément aux conclusions du rapport d'Aubert. Autre outil innovant de la politique de partenariat du CNRS, mis en œuvre dès 2009 : les chaires CNRS-Universités. Celles-ci ont pour vocation l'attraction des meilleurs jeunes chercheurs vers nos laboratoires mixtes avec les universités. Ces dernières ne s'y sont d'ailleurs pas trompées, la moitié des chaires sur les 90 prévues pour les concours 2009 ont déjà fait l'objet d'un accord d'ouverture de postes, les autres devant suivre d'ici à la fin du mois de janvier.
Notre vision est celle d'un CNRS rénové, générateur de nouvelles découvertes et d'innovations à partir d'une approche intégrative de l'ensemble des disciplines, le contraire d'une fragmentation.
Répondre aux grands enjeux de la connaissance et aux défis posés par la société reste notre priorité. En des temps qui s'annoncent économiquement difficiles, la priorité reconnue par l'État d'investir dans la recherche et l'innovation est pour nous un encouragement à continuer dans cette voie. Elle nous impose aussi un devoir de réussite. Le contrat que le CNRS et l'État signeront d'ici quelques mois formalisera ces engagements.

Nous sommes convaincus que l'année 2009 concrétisera nos efforts de rénovation du CNRS permettant à la recherche française d'être encore plus compétitive au niveau européen et international. À toutes et tous, nous souhaitons une année 2009 riche en créativité, en dynamisme et en audace.


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