Fire
Onelab2 : l'internet du futur prend de la vitesse
Avec l'arrivée massive des technologies nomades, l'utilisation grandissante des réseaux sans fil satellites ou radio et la montée en puissance des menaces extérieures (virus, pirates…), l'architecture globale d'Internet doit évoluer. La Commission européenne vient de réitérer son soutien à l'émergence d'un « Internet du futur » à travers l'initiative « Future Internet Research and Experimentation » (Fire). Pas moins de quatorze projets de recherches sont financés pour développer et coordonner une nouvelle infrastructure web. Au cœur de cette dynamique, le laboratoire d'informatique de Paris 6 (Lip6)
1 est partie prenante des trois facettes de Fire : la recherche, la coordination des équipes internationales et la gestion quotidienne d'une architecture expérimentale (sécurisation, mise à jour des logiciels…). Si l'équipe est partenaire des projets Fireworks (un forum collaboratif) et Nanodatacenters (pour le développement de nouveaux centres de stockage de données), elle coordonne surtout l'une des plus ambitieuses actions de Fire, le projet Onelab.
C'est en 2003 que le Lip6 a commencé à étudier, en étroite coopération avec l'Inria, la possibilité de réinventer l'Internet autour d'une architecture dite polymorphique, c'est-à-dire faite de plusieurs réseaux complémentaires pouvant être fédérés. Afin de tester à grande échelle ce concept nommé Onelab, Serge Fdida, son coordinateur scientifique, a créé en 2006 une plateforme européenne Planetlab-Europe, selon un modèle développé aux États-Unis. Concrètement, elle interconnecte, via l'Internet standard, 800 ordinateurs de laboratoires publics et privés ainsi que d'entreprises. Aujourd'hui, la deuxième phase du projet, baptisée Onelab2, prend de l'ampleur. «
Nous travaillons désormais avec 26 partenaires2, et non plus 11, et notre budget est passé de 1,9 à 9 millions d'euros pour 27 mois », indique Serge Fdida. L'objectif de la plate-forme Planetlab-Europe est d'évaluer les possibilités d'étendre les algorithmes de l'architecture polymorphique aux réseaux radio (pour le marché du Wi-Fi du futur), à la distribution de contenus et à l'interconnexion d'autres réseaux autonomes. Pour cela, l'ensemble des partenaires développe en priorité des outils de mesure fiables capables d'identifier les besoins qui émergeront des usages, et établit un cadre juridique, notamment via des consortiums de propriété intellectuelle.
L'équipe du Lip6, qui gère la plateforme européenne et l'utilise comme outil de recherche, met maintenant l'accent sur les discussions avec les plateformes expérimentales similaires : Planetlab aux États-Unis, et Planetlab-Japan en Asie. Et s'attelle déjà à définir les axes du prochain Onelab3.
Aude Olivier
Notes :
1. Laboratoire CNRS / Université Paris-VI.
2. Ceux-ci sont européens, suisses, israéliens et australiens.