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Thérapies

Une piste contre l'ostéoporose

Un nouveau traitement contre l'ostéoporose est peut-être né. Des chercheurs niçois de l'Institut de signalisation, biologie du développement et cancer1, en collaboration avec l'Inserm, le service de rhumatologie du CHU de Nice et l'université de Graz, en Autriche, viennent en effet de montrer le rôle clé d'une hormone naturelle, l'ocytocine, pour contrer cette maladie qui touche un tiers des femmes de plus de 50 ans2 et augmente le risque de fracture des os.
Chez les patients atteints d'ostéoporose, les os se fragilisent à la fois parce que la fabrication de cellules osseuses ralentit et parce que la graisse s'accumule dans la moelle osseuse. Partant de ce double constat, les biologistes ont eu l'idée de travailler sur les cellules souches dites multipotentes, présentes dans le tissu adipeux (la graisse) et dans la moelle. « Ces cellules souches ont la faculté de se transformer soit en cellules osseuses, soit en cellules adipeuses », explique Ez Zoubir Amri, chercheur de l'IBDC. Ainsi, favoriser l'apparition de nouvelles cellules osseuses pourrait sans doute permettre de contrecarrer la maladie. Reste à savoir comment.
Rapidement, les biologistes suivent la piste de l'ocytocine. Ils découvrent en effet que ces cellules souches portent des récepteurs à cette hormone. Par ailleurs, chez la souris modèle, la quantité d'ocytocine diminue avec l'apparition de la maladie. Ils montrent alors que c'est la quantité d'ocytocine que reçoit chaque cellule qui dicte son avenir. Avec peu d'hormone elle devient une cellule graisseuse, et au-delà d'un certain seuil elle devient une cellule osseuse. Administrer de l'ocytocine pourrait donc rétablir la fabrication de cellules osseuses. Pour le vérifier, ils traitent par une injection quotidienne d'hormone des souris malades. Résultat concluant : « La maladie a été fortement atténuée au bout de huit semaines », indique Ez Zoubir Amri.
Aujourd'hui, les chercheurs ne cachent pas leur espoir de voir un jour leur découverte profiter aux malades. « Premier pas : nous avons montré que la quantité d'ocytocine diminuait aussi chez les femmes atteintes d'ostéoporose. Pour le traitement, les tests cliniques devraient commencer dans les années qui viennent », précise le biologiste. L'ocytocine a plusieurs avantages : outre son prix peu élevé (elle est facile à produire en grandes quantités), elle n'a pas les effets secondaires néfastes des traitements hormonaux existants à base d'œstrogènes. Une piste pleine de promesses donc pour les malades.

Pierre Mira

Notes :

1. Laboratoire CNRS / université de Nice.
2. Travaux publiés dans Stem Cells, vol. 26, n° 9, septembre 2008.

Contact

Ez Zoubir Amri
Institut de signalisation, biologie du développement et cancer, Nice
amri@unice.fr


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