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Royaume-Uni

My research is rich (1)

Au Royaume-Uni, la recherche se porte bien. Très bien même... Qu'on en juge : le pays se situe au troisième rang européen pour les dépenses en R&D (1,78 % de son PIB en 2005), et sa production de publications scientifiques dépasse, avec l'Allemagne, celle de tous les pays de l'Espace européen de la recherche !
Essentiellement financée sur une base compétitive d'appels à projets, la recherche se fait principalement dans des établissements d'enseignement supérieur autonomes. Moins tournés vers la coopération scientifique internationale que dans d'autres pays, les chercheurs britanniques collaborent surtout avec les États-Unis. Mais ils travaillent aussi activement avec leurs collègues français, et de façon de plus en plus importante. En témoigne l'augmentation du nombre de copublications franco-britanniques, plus rapide que celle du nombre des publications nationales. Aucun doute non plus sur la bonne santé des liens avec le CNRS. En 2008, des unités associées au CNRS et des laboratoires britanniques participent ainsi à 34 projets de recherche conjoints sous la forme de 10 projets d'échanges de courte durée, de 6 projets internationaux de coopération scientifique (Pics) et de 18 groupements de recherche européens (GDRE). Et ce, sans compter la participation des laboratoires affiliés au CNRS au programme Alliance (partenariat Hubert Curien) du ministère des Affaires étrangères et européennes.L'effort porté récemment sur la coopération en mathématiques (lire l'encadré) a par exemple conduit cette année au premier GDRE en mathématiques « French-British Network in Representation Theory » piloté par des chercheurs du Laboratoire de mathématiques Nicolas Oresme2, de l'Institut
Camille Jordan3, du Department of Mathematical Sciences, King's College, University of Aberdeen et de la School of Mathematics, University of Edinburgh. Il favorisera les interactions entre jeunes chercheurs des deux pays sur les différents aspects de la théorie des représentations – un outil pour l'étude des symétries rencontrées dans la géométrie classique, la chimie ou encore la théorie des nombres.En 2008, deux nouveaux Laboratoires européens associés (LEA) ont été créés. Signalons en particulier, en neurobiologie, la naissance du LEA « Thalamic Functions in Health and Disease States » qui réunit le laboratoire « Neurobiologie des Processus adaptifs » (NPA)4 et la Cardiff School of Biosciences, Cardiff University. Son objectif ? Développer un programme multidisciplinaire permettant d'aborder les mécanismes du fonctionnement thalamique dans des conditions physiologiques et pathologiques. En effet, le thalamus, porte d'entrée du cortex, joue un rôle essentiel dans de nombreuses fonctions physiologiques (traitement de l'information sensorielle, sommeil, etc.) et dans diverses pathologies neurologiques et psychiatriques (épilepsie, Parkinson…).
Autre fait marquant de cette année, la forte implication britannique pour les collaborations en sciences humaines et sociales (SHS), avec notamment la participation de laboratoires dans trois nouveaux GDRE. Un exemple : des chercheurs de la London School of Economics and Political Sciences participeront, aux côtés des chercheurs du laboratoire « Identités, relations internationales et civilisations de l'Europe » (Irice)5, et de scientifiques allemands, belges, espagnols et italiens, à un réseau de réflexion sur les méthodes de l'histoire transnationale de l'intégration européenne, dans ses dimensions politiques et économiques, mais également culturelles et religieuses. Une preuve supplémentaire de la diversité des liens, toujours plus solides, entre le CNRS et le Royaume-Uni.

Lucille Hagège

>> En chiffres
>
180 450 chercheurs au Royaume-Uni
> Budget R&D en 2005 : 29 956 millions d'euros
> 116 universités et 53 « collèges » d'enseignement supérieur autonomes
> 3 698 copublications en 2005 avec la France dont environ 50 % avec le CNRS
>Principales thématiques de copublications CNRS-Royaume-Uni : 26 % en sciences de l'Univers, 25 % en physique, 15 % en biologie fondamentale, 11 % en chimie
> 3 509 missions CNRS au Royaume-Uni en 2006 (3e destination des chercheurs du CNRS en Europe)

Partenaires
En SHS, un accord de coopération bilatérale existe depuis 2005 avec la British Academy pour le cofinancement d'échanges de courte durée, dans le cadre d'un appel annuel à projets conjoints entre chercheurs.
En mathématiques, deux accords de coopération ont été signés : en 2006 avec l'université de Cambridge pour la collaboration entre l'Institut Newton et l'Institut Henri Poincaré, et en 2007 avec l'Engineering and Physical sciences Research Council (EPSRC). Enfin, avant la fin de l'année 2008, un protocole de coopération bilatérale avec la Royal Society sera signé pour officialiser le cofinancement d'échanges de courte durée dans le cadre d'un appel annuel à projets conjoints en cours depuis plus de dix ans.


 

Notes :

1. « Ma recherche est prolifique ».
2. Institut CNRS / Université de Caen.
3. Institut CNRS / Université de Lyon-I / École centrale de Lyon / Insa Lyon.
4. Laboratoire CNRS / Université Paris-VI.
5. Laboratoire CNRS / Universités Paris-I et IV.

Contact

Anne-Marie Brass
Direction des affaires européennes (DAE) du CNRS, Paris
anne-marie.brass@cnrs-dir.fr


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