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Le CNRS héros de Beineix

C'est une première : le nouveau film institutionnel du CNRS est signé par Jean-Jacques Beineix. Le célèbre réalisateur de Diva et de 37° 2 le matin nous parle de sa genèse.

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© C. Guyon/Cargo Films

Jean-Jacques Beineix


Vous avez commencé à travailler sur ce film il y a un an. Quelles ont été vos motivations pour accepter un tel projet ?

Jean-Jacques Beineix : J'ai toujours eu une certaine curiosité pour la science. Avant de débuter dans le cinéma, j'ai étudié la médecine pendant trois ans, ce qui m'a donné un certain bagage scientifique. Mais ce film était aussi pour moi l'occasion d'exploiter de nouveaux outils. Aujourd'hui, on peut scruter et filmer la matière avec un microscope à effet tunnel, avec un télescope… Mon idée est que l'artiste peut se servir des outils technologiques et ainsi faire de la technologie un sujet cinématographique. Pendant un an, je me suis senti comme un chercheur, j'ai réalisé mes recherches dans mon coin en bénéficiant d'une grande liberté et d'une grande confiance. C'est ce credo que je voulais faire partager, celui d'une grande liberté de la recherche au CNRS.

Quelle a été votre démarche pour ce film ?
J.-J. B.
: D'abord, j'ai essayé de comprendre le CNRS et son fonctionnement : pour cela, je me suis beaucoup documenté, j'ai interviewé les directeurs scientifiques, j'ai rencontré des chercheurs, visité des laboratoires… Le défi était de réussir à dépasser un paradoxe : tout le monde connaît le CNRS, mais on ne sait pas toujours ce que c'est, ni que son champ d'expertise est immense. Et en même temps il fallait donner une idée de sa complexité tout en restant simple. J'ai essayé d'aborder tous les sujets : astronomie, physique, sciences de la vie, paléontologie, climatologie, sciences humaines… mais je me refuse à les compter !

Le CNRS est un sujet à la fois vaste et technique… Comment aborder tout cela en 15 minutes1 ?
J.-J. B.
: Justement, c'est le plus compliqué des films que j'ai été amené à réaliser. Le défi était de parler de la recherche avec une écriture cinématographique. Car en sciences, le propos est souvent très pointu, conceptuel et donc difficile à mettre en image. J'ai commencé par écrire, car les images ne pouvaient pas naître sans les mots. J'ai fait de la poésie, j'ai imaginé des métaphores, comme celle du Penseur de Rodin qui reflète l'image des chercheurs. Et ce n'est qu'après cela que j'ai pu rechercher les plus belles images dans les vidéothèques, notamment celle du CNRS, et créer des graphismes… J'ai surtout essayé de faire un film d'images belles et fortes, à l'image du CNRS.

Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?
J.-J. B.
: C'est un bilan très positif. Le CNRS m'est apparu comme un objet savant et remarquable. C'est incontestablement un architecte de la recherche dans tous les domaines. Au final, je trouve que faire un film sur le CNRS est vraiment une entreprise démesurée. Il est rare de consacrer autant de temps à un film institutionnel de 15 minutes ! C'était de la folie, mais c'est avant tout un hommage au génie, parfois un peu fou, des chercheurs. Le monde de la recherche est très proche de celui des artistes. Nous sommes habités à la fois par la conviction, la démesure, la générosité et la passion.

Propos recueillis par Sonia Ruspini

>> Plus d'infos sur : 
www.cargofilms.com

Notes :

1. Une version « clip » de 60 secondes a également été réalisée. Les deux films sont visibles en version française et anglaise sur le site : www.cnrs.fr


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